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La crise financière en Grèce (237)
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Un groupe d'économistes a adressé une lettre ouverte à Angela Merkel pour lui demander de renoncer à la politique d'austérité imposée à la Grèce.

Le portail numérique Avaaz, qui donne la possibilité aux citoyens du monde entier de peser sur les prises de décisions politiques, a publié une pétition en soutien du "non" aux exigences des créanciers exprimé par les Grecs lors du référendum du 5 juillet.

Un groupe de spécialistes en économie et en finances de différents pays, dont Heiner Flassbeck, Thomas Piketty, Jeffrey D. Sachs, Dani Rodrik et Simon Wren-Lewis, ont accompagné la pétition d'une lettre ouverte s'adressant à la chancelière allemande et lui demandant de cesser d'imposer la politique de rigueur qui détruit l'Etat grec.

"La politique d'austérité imposée par l'Europe ne marche pas. Maintenant, la Grèce s'y refuse", lit-on dans leur message.

Référendum grec
© AFP 2020 Joel Saget
Selon les auteurs de la lettre, les mesures de rigueur appliquées en Grèce ces dernières années ont ruiné l'économie grecque tout en aboutissant à un taux de chômage inédit, à la faillite du système bancaire et à l'augmentation de la dette publique qui atteint aujourd'hui 175% du PIB.

En outre, la crise financière a provoqué une catastrophe humanitaire dans ce pays européen, font remarquer ces spécialistes en économie. Ainsi, près de 40% des enfants vivent en-dessous du seuil de pauvreté, la mortalité infantile est en hausse et le taux de chômage parmi les jeunes atteint 50%.

"Le médicament prescrit par le ministère allemand des Finances et par Bruxelles a fait couler le sang du patient mais ne l'a pas guéri de la maladie", font remarquer les auteurs avec amertume.

A cet égard, les spécialistes appellent à la raison la chancelière allemande et lui demandent de changer de politique envers la Grèce afin d'éviter la détérioration de la situation et de maintenir la Grèce dans la zone euro.

"En ce moment, vous demandez au gouvernement grec de mettre le revolver sur sa tête et de presser sur la détente. Triste ironie du sort, mais la balle va anéantir non seulement l'avenir de la Grèce au sein de l'Europe, elle tuera également la zone euro en tant que symbole d'espoir, de démocratie et de prospérité, ce qui entraînera des conséquences économiques graves dans le monde entier", prévient le groupe de spécialistes.

La Grèce fête les résultats du référendum
© AP Photo / Petros Giannakouris
Ces derniers rappellent que la politique de concessions et d'entraide, exercée notamment à l'égard de l'Allemagne de l'après-guerre, a déjà fait la preuve de son efficacité dans le passé. Aujourd'hui, l'Occident doit restructurer et effacer partiellement la dette grecque afin de contribuer au redressement de son économie, estiment les économistes.

"Nous vous demandons de prendre ces mesures qui sont vitales pour la Grèce, l'Allemagne et le monde entier. Vos actions de cette semaine resteront dans l'histoire. Nous comptons sur vous pour des initiatives généreuses à l'égard de la Grèce qui serviront à l'Europe sur le long terme", interpellent les auteurs de la lettre ouverte à Angela Merkel.

Dimanche 5 juillet, un référendum d'ores et déjà qualifié d'historique s'est tenu dans le pays. 61% des électeurs ont dit "non" à l'ultimatum de la Troïka (UE, FMI, BCE) sur la poursuite du financement en échange de réformes. L'avenir est désormais flou, et l'on ignore quelles seront les conséquences de cet événement pour Athènes, l'UE et le monde entier.

 

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Tags:
Banque centrale européenne (BCE), zone euro, pauvreté, PIB, économie, politique, créanciers, référendum, crise grecque, crise financière, crise économique, Fonds monétaire international (FMI), Union européenne (UE), Alexis Tsipras, Angela Merkel, Berlin, Allemagne, Athènes, Bruxelles, Belgique, Grèce, politique d'austérité
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