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    Iran: le rapatriement des avoirs dégelés, un véritable casse-tête

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    Le prochain dégel d'avoirs iraniens déposés dans les banques occidentales pose une série de problèmes à Téhéran, car leur rapatriement doit s'effectuer conformément à la législation des pays qui ont bloqué ces actifs.

    Le rapatriement des avoirs iraniens débloqués dans le cadre de la levée des sanctions contre Téhéran suite à la signature de l'accord sur le nucléaire iranien constitue un véritable casse-tête pour les économistes de ce pays, a déclaré jeudi Mohammad Ali Ahangaran, conseiller chef du ministre iranien du Pétrole, dans une interview à Sputnik Persian.

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    © AP Photo / Pablo Martinez Monsivais
    "Selon les normes du droit international, les avoirs se trouvant dans un pays étranger peuvent être utilisés en stricte conformité avec la législation de ce pays. C'est la raison pour laquelle on est obligé de prendre en compte une multitude de nuances découlant de la situation politique et économique prévalant actuellement dans le monde", a indiqué M. Ahangaran.

    D'après lui, une partie des avoirs iraniens gelés en Occident a été bloquée avant la Révolution islamique, c'est-à-dire sous le chah Mohammad Reza Pahlavi (1941-1979, ndlr). Et bien que certains de ces avoirs aient par la suite été débloqués, la majeure partie de ces fonds est restée gelée sous différents prétextes. La guerre entre l'Iran et l'Irak (1980-1988) a été l'un des principaux motifs invoqués à cet effet par l'Occident.

    "Dans les années 1990, les Etats-Unis ont décrété des sanctions unilatérales contre Téhéran, bloquant une série d'autres avoirs qui appartenaient à des personnes physiques et morales iraniennes dans différents pays. Je tiens à souligner que la majeure partie de ces actifs a été gelée à jamais, c'est-à-dire sans droit de déblocage ", a dit le responsable iranien.

    "Parallèlement, le Conseil de sécurité de l'Onu a à son tour décrété des sanctions, bloquant en premier lieu de nombreux avoirs en or et en devises étrangères de la Banque centrale et du ministère du Pétrole à l'étranger. Cependant, une levée des sanctions rendra possible le dégel de ces avoirs. Cette possibilité est notamment prévue par l'accord récemment conclu sur le nucléaire iranien", a affirmé Mohammad Ali Ahangaran.

    "A l'heure actuelle, il n'existe qu'un seul problème en la matière: trouver le moyen d'acheminer 93,2 milliards de dollars en liquide vers l'Iran", a déclaré l'interlocuteur de Sputnik.

    "Il faut y ajouter 23 milliards de dollars virés sur les comptes de la Banque centrale de l'Iran et 6 milliards de dollars sur ceux du ministère iranien du Pétrole. Cette dernière somme récemment débloquée avait été récoltée il y a quelques années suite à la vente de pétrole", a fait savoir le responsable iranien.

    L'assouplissement progressif des sanctions contribue sensiblement à augmenter le Trésor public du pays.

    "Depuis la signature de l'accord intermédiaire de Genève, Téhéran a reçu en 22 mois près de 12 milliards de dollars et certains avoirs en or", a déclaré jeudi le porte-parole du gouvernement Mohammad-Bagher Nobakht lors d'une conférence de presse diffusée par la chaîne de télévision iranienne Al Alam.

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