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Situation économique en Grèce (112)
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La politique menée par le parti de gauche Syriza a contribué au dégel des relations russo-grecques, estime Kostas Isihos, député grec et ex-ministre adjoint de la Défense.

Des députés du parlement grec se prononcent pour le renforcement des relations bilatérales russo-grecques, a déclaré Kostas Isihos dans une interview accordée à l'agence d'informations RIA Novosti.

"Nous continuons à lutter pour le développement des relations russo-grecques. Nous le faisons non seulement parce que nous aimons et respectons le peuple russe, mais aussi parce que nous croyons que cela répond aux intérêts des deux peuples", a-t-il expliqué.

Le député a fait savoir que le parlement continuait à soutenir tous les accords qui avaient été signés avec la Russie jusqu'à présent. Pourtant, dans le contexte de l'adoption de l'accord avec les créanciers occidentaux de la Grèce, on ne voit pas encore très bien quelle politique a choisi le gouvernement grec.

"En ce moment je ne peux pas prévoir la politique extérieure du pays. La signature du troisième mémorandum pourrait nous empêcher de mener la politique multidimensionnelle pour laquelle nous nous prononçons, mais nous espérons que cela ne sera pas le cas", a fait remarquer l'ex-ministre adjoint de la Défense.

Selon certains experts, sous Antonis Samaras, ancien premier ministre grec, les relations entre la Grèce et la Russie étaient "gelées". Pourtant, la politique du parti Syriza avec Alexis Tsipras à sa tête a contribué au "dégel" et au renforcement des relations entre les deux pays.

"Nous pouvons renforcer nos liens avec la Russie en particulier et avec les pays du groupe BRICS en général, et voir ainsi un "printemps" dans le développement de nos relations. Nous espérons que cette tendance se poursuivra. Cette coopération doit avoir un caractère multidimensionnel — politique, culturel, économique, énergétique — afin de contribuer à la paix et à la stabilité dans la région et dans le monde entier", a fait savoir M.Isihos.

Coopération énergétique

Evoquant la coopération énergétique, Kostas Isihos a assuré que les remaniements ministériels qui ont récemment eu lieu n'empêcheraient pas la réalisation du projet de gazoduc Turkish Stream, censé délivrer le gaz russe en Europe en contournant le territoire ukrainien.

"Le projet d'accord concernant le gazoduc Turkish Stream que la Russie et la Grèce ont déjà signé est un investissement considérable effectué par Syriza. Cet accord énergétique et économique joue un rôle très important pour la stabilité politique de la région et pour le développement de la Grèce", a souligné le député.

Selon lui, la réalisation du projet contribuera à la création de plus de 20.000 emplois dans le nord de la Grèce, ainsi qu'au développement des infrastructures, comme les ports ou les aérodromes. C'est pour cette raison que le gouvernement grec doit accomplir le projet, même si certains pays membres de l'UE, tels que la Slovaquie ou la République tchèque, ainsi que les Etats-Unis, s'y opposent.

"Je pense qu'il y a des intérêts géopolitiques des Etats-Unis qui ne veulent pas qu'un gazoduc liant la Russie et l'Europe existe. Certains pays de l'Europe sont méfiants également. Pourtant le gouvernement doit être ferme dans sa volonté de mettre le projet en œuvre, car il a une importance économique, énergétique et géopolitique extrême pour la Grèce et pour l'Europe", a expliqué M.Isihos.

Sanctions antirusses

En évoquant la question des sanctions le parlementaire grec a estimé qu'elles avaient un impact négatif pour toutes les parties prenantes.

Selon lui, les sanctions provoquent des mesures de riposte, qui nuisent au développement de l'agriculture en Grèce.

"La politique des sanctions antirusses introduites par des pays occidentaux n'aura que l'impact négatif pour les peuples de l'Europe et de la Russie. Nous estimons qu'il faut nous faire entendre mieux dans les institutions européennes afin qu'un autre chemin soit choisi", a-t-il fait remarquer.

La crise ukrainienne

Le député a également insisté sur le fait que la Grèce devait adopter une position ferme à l'égard du drame qui se déroule actuellement en Ukraine.

"La Grèce a intérêt que cette crise soit réglée (…). Je crois qu'il y a assez de néonazisme en Europe, il n'en faut pas encore davantage", a expliqué M.Isihos.

"En Ukraine, il y a des forces politiques qui sont nostalgiques par rapport au nazisme et l'hitlérisme. On voit les mêmes tendances dans le parti d'extrême droite en Grèce (…). Je pense que la Grèce doit soutenir le règlement politique de la guerre civile en Ukraine pour ses propres intérêts également", a-t-il rajouté.

Kostas Isihos, qui occupait le poste de ministre adjoint de la Défense, a été renvoyé du ministère suite au vote contre le nouvel accord avec les créanciers de la Grèce. Il faisait partie de la commission greco-russe sur la coopération économique, industrielle et scientifique, et s'est prononcé pour le renforcement des relations entre les deux pays. Malgré son départ du ministère, il a l'intention de continuer à se battre pour cette politique.

 

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Tags:
guerre, crise en Ukraine, sanctions, gazoduc, énergie, économie, politique, relations diplomatiques, coopération, Union européenne (UE), Syriza, Vladimir Poutine, Kostas Isihos, Alexis Tsipras, États-Unis, Moscou, Russie, Athènes, Grèce, Europe
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