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Au Liban, la crise des ordures s'est transformée en une crise politique. Les manifestants demandent la démission du gouvernement. Le premier ministre libanais a annoncé qu'il n'excluait pas de démissionner.

La "crise des ordures" continue

A Beyrouth, la capitale libanaise, la "crise des ordures" continue. Les importantes manifestations, qui ont commencé le 22 août, ne cessent plus. Les Libanais expriment leur colère à l'égard de leurs responsables politiques, incapables de gérer le problème de gestion des ordures ménagères dans les rues de la capitale libanaise.

Depuis la mi-juillet, le Liban connaît une crise sanitaire sans précédent provoquée par la fermeture de l'une des principales décharges du pays et l'arrivée à échéance du contrat de l'entreprise chargée du ramassage des poubelles.

Dénommée Sukleen, la société est dirigée par un proche de la famille Hariri, dont est issu l'ex-premier ministre libanais Saad Hariri, et occupe une position de monopole sur le marché de la gestion des déchets. Face à l'incapacité de la classe politique libanaise de régler la crise, la population l'accuse de chercher à se partager les bénéfices de ce marché lucratif.

La crise du ramassage des ordures s'est transformée en une crise politique et les manifestants ont commencé à demander la démission du gouvernement. La nuit dernière, la police a utilisé du gaz lacrymogène contre les manifestants. Près de 200 civils ainsi que 30 policiers ont été touchés lors des affrontements.

Vers la démission du premier ministre

Sur ces entrefaites, le premier ministre libanais Tammam Salam a annoncé qu'il pourrait éventuellement démissionner. Dans le même temps, le mois prochain, le gouvernement pourrait arrêter de payer les salaires.

"Il ne s'agit pas seulement d'une crise des ordures. L'incapacité de prendre des décisions politiques pourrait nous mettre dans l'impossibilité de payer les salaires des fonctionnaires. Notre pays souffre de ses ordures politiques", a souligné le chef du gouvernement.

Depuis mai 2014, le Liban est privé de président faute d'accord politique entre les partis. Le parlement libanais, élu en 2009, a prorogé son propre mandat et reporté les élections législatives à 2017.

La menace de l'Etat islamique

Les problèmes sociaux et économiques ne cessent d'augmenter au Liban. Selon les données du FMI, le taux de pauvreté dans le pays atteint les 32%. Vers la fin de 2015, la dette publique libanaise pourrait être de 71 milliards de dollars.

Depuis des années, la population souffre de coupures de l'électricité, d'une infrastructure insatisfaisante et d'une situation politique complexe, grevée par le conflit armé en Syrie. Les experts du Proche-Orient mettent en garde sur le fait que les Etats ayant une situation instable peuvent devenir la prise des extrémistes de l'Etat islamique.

Les spécialistes estiment que l'EI se sert de la faiblesse de pays vulnérables comme la Syrie et l'Irak. Si le gouvernement libanais continue à perdre de son influence, l'apparition de l'EI dans la région est très probable car la nature a horreur du vide, pensent les experts.

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Tags:
crise des ordures, crise, manifestation, Etat islamique, Liban
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