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    Le temple de Bel à Palmyre

    Syrie: l'EI poursuit sa guerre culturelle

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    L'Etat islamique (2014) (1131)
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    Les djihadistes de l'Etat islamique ont détruit le temple de Bel, un des joyaux de l'époque romaine dans la ville syrienne de Palmyre.

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    Le temple de Bel, Palmyre

    Le temple, érigé au 1er siècle après J.-C. en l'honneur de la déité supérieure de Palmyre, figurait parmi les monuments les plus célèbres de ce site antique se trouvant à 210 km au nord-est de Damas. Combinant les traditions architecturales hellénistique et orientale, le temple reprenait la structure des sanctuaires du Proche-Orient, tandis que ses façades étaient construites en style gréco-romain.

    Avant l'éclatement de la guerre civile en Syrie, plus de 150.000 touristes visitaient le temple de Bel chaque année.

    Il s'agit du deuxième sanctuaire antique de Palmyre détruit par les islamistes depuis la prise de la ville par l'EI en mai 2015. Le 24 août, les médias ont rapporté que les terroristes avaient fait exploser le temple de Baalshamin construit en 131 après J.-C. et avaient décapité le directeur du site archéologique Khaled Assaad âgé de 82 ans.

    Les destructions culturelles commises par l'EI en Syrie et en Irak, où les djihadistes ont notamment rasé à l’aide de bulldozers le site antique assyrien de Nimroud, provoquent un émoi médiatique similaire à celui suscité par les vidéos de meurtres de masse perpétrés par le même groupe terroriste. Pour l'observateur du Guardian Julian Baggini, "l’anéantissement des personnes et des sites n'est pas la même chose", bien que la différence "ne soit en fait pas aussi évidente qu'elle n'y paraît à premier égard".

    "Lorsque l'EI détruit les sites antiques, il s'agit non seulement d'une attaque contre les bâtiments, mais aussi contre les valeurs représentées par leur préservation, dont la reconnaissance de la pluralité des cultures qui nous ont précédé et qui nous entourent aujourd'hui", explique l'analyste.

    Evoquant la mort de Khaled Assaad, M.Baggini rappelle que ce dernier a été assassiné après avoir refusé de conduire les combattants de l'EI aux reliques de Palmyre.

    "Si M.Assaad estimait que l'héritage de Palmyre était plus important que sa vie, nous ne sommes pas si monstrueux si nous découvrons que nos réactions sont basées sur le même sentiment", écrit l'auteur.

    Marie Delarue de Boulevard Voltaire estime quant à elle que les destructions commises par l'Etat islamique témoignent du fait que "le conflit dans lequel nous sommes avec l'EI est bien au-delà de la guerre".

    "Terriblement matérielle et matérialiste, terriblement concrète, la guerre appartient au temps court. Palmyre, elle, appartient à l'Histoire, et quoi qu'en pensent ceux qui viennent de la dynamiter, c'est l’histoire de l'Occident", indique Mme Delarue.

    Selon elle, "la vérité qu'on n'ose pas admettre" consiste en ce que "nous appartenons à des mondes antagonistes qui se détestent", et cet antagonisme ne fera que croître dans les années à venir.

    Dossier:
    L'Etat islamique (2014) (1131)

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    destruction, liste du Patrimoine mondial de l'Unesco, djihadisme, temple de Bêl à Palmyre, Etat islamique, Palmyre, Syrie
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