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    "Digitaliser l'histoire" pour contrer son pillage par l'EI

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    Face à l'activité destructrice des islamistes, les archéologues des universités d'Oxford et d'Harvard ont lancé une campagne visant à préserver le patrimoine culturel mondial.

    Le vandalisme culturel, une des activités de l'EI, a déjà infligé des destructions irréversibles et menace de réduire encore plus de sites culturels, scrupuleusement érigés par l'humanité au cours des siècles. Les archéologues représentant les universités d'Oxford et d'Harvard, et ne voulant pas rester les bras croisés, ont avancé une initiative, qui s'est ensuite transformée en "Projet d'un million d'images" ("Million Image Database Project"), en espérant enregistrer des artefacts historiques sur des images 3D.

    Plus précisément, ils projettent d'installer environ 5.000 appareils photographiques 3D dans diverses régions menacées par l'EI (surtout dans les zones au cœur du conflit), et ainsi préserver les monuments historiques au format digital.

    "On se focalisera sur l'Iran et l'Afghanistan en premier lieu, et nous envisageons de progresser vers le Yémen et la Turquie — zones limitrophes à la Syrie, " a précisé Erin Simmons, archéologue et représentante de l'Institut de l'archéologie digitale d'Oxford.

    Les participants pourront utiliser des appareils photographiques octroyés par les organisateurs, et ensuite transférer leurs photographies sur un serveur fonctionnant un peu comme Wikipédia, où elles seront disponibles pour tous les intéressés. Le but sera donc d'impliquer le plus de participants et d'enregistrer digitalement le plus de reliques possible.

    Cette première étape de travail sera accomplie vraisemblablement d'ici vers janvier 2016.

    La coopération, clé de la réussite

    Erin Simmons a expliqué à Sputnik que l'idée de créer une base de données digitale contenant les reliques anciennes circulait déjà dans l'air, mais maintenant, face à la menace terroriste, il est juste le temps de la réaliser.

    A cause de la crise qui sévit au Moyen-Orient, l'attention des archéologues s'est portée vers cette région. Alors que l'Institut de l'archéologie digitale d'Oxford est chargé de fournir de l'équipement pour réaliser le projet, de nombreuses autres ONG, musées et même forces militaires vont mutualiser leurs efforts, en poursuivant cet objectif commun.

    "C'est essentiellement un effort conjoint," a fait valoir Mlle Simmons. "Nous coopérons avec nos partenaires partout dans le monde, y compris l'UNESCO, le groupe pour l'archéologie en danger du Moyen-Orient et de l'Afrique du nord et d'autres agences dans ce domaine."

    Les attaques islamistes visent à anéantir systématiquement non seulement la culture occidentale, mais tout le patrimoine culturel reflétant les événements importants de l'histoire mondiale. Ainsi, les archéologues britanniques aspirent à sensibiliser la société en lui donnant accès à la base unique de données qui conservera cette histoire sous forme d'images. L'histoire, toujours d'après Erin Simmons, sera vite oubliée si nous ne l'avons pas sous nos yeux. Les organisateurs espèrent donc que cette campagne permettra d'éviter l'oblitération des monuments de la mémoire de l'humanité.

    "La meilleure décision consisterait à défendre ces sites culturels physiquement", a reconnu pourtant la représentante de l'Université d'Oxford. "On nous a demandé bien des fois pourquoi nous préférions le faire de façon digitale, mais je crois que c'est la meilleure option disponible pour le moment. Si nous avions une autre option, nous sauterions sur une telle occasion," a-t-elle résumé.

    Naturellement, les perspectives du projet britannique pourraient être remises en question. Il est toutefois facile de plaisanter sur ces tentatives extraordinaires pour préserver les richesses de l'humanité, mais il est beaucoup plus difficile d'inventer — et surtout d'appliquer — un moyen vraiment efficace de contrer les islamistes belliqueux pour qui il n'y rien de sacré.

    Bien que barbares, les islamistes s'avèrent sages en ce qui concerne leur stratégie. La règle qu'ils observent suit l'idée prononcée une fois par George Orwell, ce qui rend notre avenir encore plus terrifiant:

    "Le moyen le plus efficace pour détruire les gens est de nier et d'effacer leur propre compréhension de leur histoire".

     

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    Tags:
    patrimoine mondial, architecture, archéologie, histoire, Etat islamique, Afghanistan, Proche-Orient, Royaume-Uni, Iran, Syrie
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