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La caricature d'un enfant syrien noyé publiée par l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo ne changera pas l'attitude générale des Français envers la liberté d'expression, selon le journaliste du quotidien Les Echos Yves Bourdillon.

Dans un entretien accordé à Sputnik, M.Bourdillon a souligné que les Français restaient toujours "assez Charlie", "au sens qu'ils défendent toujours la liberté d'expression, l'impertinence, la provocation même s'ils n'aiment pas ce journal".

L'hebdomadaire Charlie Hebdo, attaqué par des terroristes en janvier 2015 pour ses caricatures du prophète Mohamed, s'est retrouvé au centre d'un nouveau scandale sur fond de crise migratoire en Europe après avoir publié plusieurs caricatures du réfugié syrien de 3 ans, Aylan, retrouvé mort sur une plage turque. L'hebdomadaire s'est attiré les foudres des internautes du monde entier qui l'ont accusé de xénophobie et de racisme.

"C'est un dessin à vomir qui va au-delà de ce qui se fait habituellement en France en matière de caricature, puisqu'il touche à la mort d'un enfant qui est un des derniers tabous de la presse française (…). C'est tout à fait inhabituel. En même temps les Français sont habitués à la provocation et à cette ligne éditoriale particulière de Charlie Hebdo qui cherche toujours à choquer, qui n'est pas tellement un journal amusant ou maniant l'humour, mais plutôt la provocation", explique le journaliste.

"Moi aussi je trouve ce dessin à vomir, mais en même temps je pense que ça fait partie des libertés d'être médiocre", estime-t-il.

Evoquant les grandes manifestations consécutives au carnage perpétré en janvier dernier dans la rédaction de Charlie Hebdo, l'interlocuteur de l'agence a indiqué que les Français sont descendus dans la rue pour défendre la liberté d'expression.

"Les gens qui avaient manifesté le 11 janvier, défendaient le principe de la liberté d'expression sans forcément avoir la sympathie pour le journal que beaucoup n'avaient jamais lu et ceux qui l'avaient lu ne l'aimaient pas comme moi, mais c'est un principe de défendre la liberté. Après les attentats, il y avait aussi la réaction d'un pays qui se sentait attaquée et les gens avaient manifesté, je crois, pour dire aux terroristes: on n'a pas peur de vous, on est, face à vous, prêts à nous défendre", a déclaré M.Bourdillon.

Selon lui, il est peu probable que des poursuites judiciaires soient engagées à l'encontre des auteurs de la caricature controversée.

"Le mauvais goût n'est, heureusement, pas un délit (sinon on n'aurait plus grand-chose à lire). La seule loi française qui pourrait être invoquée serait celle proscrivant les incitations à la haine raciale, mais qui ne marcherait pas dans ce cas car les dessins de Charlie, quoique choquants, n'ont pas de caractère clairement raciste", estime le journaliste français.

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Tags:
journalisme, crise migratoire, poursuites, liberté d'expression, provocation, enfants, liberté de la presse, caricature, réfugiés, Charlie Hebdo, Aylan Kurdi, Yves Bourdillon, France
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