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Dans la nuit de mercredi à jeudi, le président ukrainien Piotr Porochenko a signé un décret interdisant l'entrée en Ukraine à près de 400 personnes, dont plus de 40 journalistes et bloggeurs étrangers.

Outre des employés des médias russes, des journalistes allemands, israéliens, espagnols et britanniques figurent sur cette nouvelle liste noire dressée par les autorités de Kiev. Parmi eux on trouve notamment Steve Rosenberg et Emma Wells de la BBC, désormais considérés par l'Ukraine comme "une menace pour les intérêts nationaux".

Ce choix de Kiev semble cependant difficilement compréhensible, compte tenu du fait que la chaîne BBC et sa rédaction ne peuvent évidemment pas être classées parmi les détracteurs du régime établi dans le pays après le renversement du président Viktor Ianoukovitch en février 2014.

Bien que la BBC, à la différence de la plupart des médias occidentaux, tente de donner la parole aux deux parties prenantes du conflit qui se déroule dans le Donbass ukrainien, il est évident que les sympathies de la chaîne britannique vont à l'administration de Piotr Porochenko.


Dans le même temps, deux éminents journalistes espagnols, Antonio Jose Rodriguez Pampliega et Ángel Sastre du journal El Pais, se sont retrouvés sous le coup des sanctions ukrainiennes. Cependant, il est peu probable que les deux envisagent une visite en Ukraine dans un avenir proche: les reporters sont portés disparus en Syrie, supposément capturés par les djihadistes de l'Etat islamique. Dans ce contexte, la décision de Kiev de les inclure dans sa "liste noire" peut être vue plutôt comme une mauvaise blague.

L'éditeur de la BBC Andrew Roy a dénoncé les sanctions ukrainiennes visant les journalistes comme "une attaque honteuse contre la liberté de la presse" et appelé Kiev à exclure "immédiatement" les noms de ses employés de la "liste noire".

 

 

 

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Tags:
interdiction d'accès, journalisme, crise en Ukraine, liste noire, sanctions, BBC, Petro Porochenko, Ukraine
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