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    Médicaments. Image d'illustration

    "L’homme le plus haï des Etats-Unis"

    © AP Photo/ Eric Risberg
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    Un jeune entrepreneur américain est devenu malgré lui le symbole du capitalisme sauvage "made in USA". Vous avez peur d'être la personne la plus méprisée du monde? Ne craignez rien! Le titre a déjà été décerné…

    Le directeur général de la société Turing Pharmaceuticals, Martin Shkreli, est devenu l'un des hommes les plus haïs des Etats-Unis pour avoir défendu une hausse exorbitante de 5.500% du prix d'un médicament. Bien qu'il ait finalement cédé sous la pression et annoncé que le prix allait de nouveau baisser, son initiative a déclenché un ouragan de réactions outragées.

    Le médicament en question, le Daramprim, permet de soigner la Toxoplasmose, une maladie souvent contractée par les personnes atteintes du Sida, mais aussi la Malaria. Il est d'ailleurs dans la liste des "médicaments les plus utiles pour les soins de base" par l'OMS. Son prix était jusqu'ici de 13,5 dollars (12 euros), mais Martin Shkreli, dont la société avait racheté le médicament au mois d'août dernier, a décidé de l'augmenter à 750 dollars (671 euros). Soit une augmentation de 5.500%.

    Martin Shkreli a tenté de justifier cette hausse spectaculaire en plaidant le petit nombre de patients soignés par ce médicament et la nécessité de réunir des fonds pour financer la recherche de nouveaux traitements comportant moins d'effets secondaires.

    "A ce prix, nous restons en bas de l'échelle de ce que coûtent les médicaments pour maladies orphelines et en tout cas nous ne sommes pas le premier fabricant à augmenter les prix de médicaments. On a augmenté le prix de façon à faire de bons bénéfices, mais pas des bénéfices ridiculement élevés", a déclaré le jeune homme d'affaires.

    Son attitude arrogante n'a pas été sans envenimer les choses, et les réseaux sociaux se sont enflammés contre lui. La grande majorité des posts étaient plutôt constituée d'insultes, de moqueries et d'indignations.

    Les bloggeurs accusaient M.Shkreli de faire de l'argent sur la mort des autres et lui demandaient s'il dormait bien en sachant combien de personnes seraient laissés sans médicaments vitaux à cause de lui.

    La candidate démocrate à la Maison Blanche Hillary Clinton a même réagi sur Twitter, pour dénoncer "un prix abusif" et présenter un plan pour empêcher de telles dérives.

    Devant le tollé, notamment sur les réseaux sociaux, Martin Shkreli a fait machine arrière et déclaré qu'il baisserait le prix, mais sans donner de montant.

    «Des erreurs ont été commises sur la manière dont nous avons essayé de faire comprendre aux gens pourquoi nous avons procédé ainsi. Je pense que c'est une bonne idée de baisser le prix en réponse à la colère ressentie par les gens», a reconnu le directeur général.

    Les médias ont également souligné que le cas de Daraprim n'est pas unique: les acteurs du marché pharmaceutique sont souvent surpris par l'augmentation des prix sur les médicaments vitaux. Néanmoins, l'opinion publique espère que cet incident attirera l'attention sur le problème, dont le caractère est systématique.

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    Tags:
    médicaments, sida, Martin Shkreli, États-Unis
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