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    Le président russe Vladimir Poutine et le président américain Barack Obama

    Syrie, Ukraine: pourquoi la Russie a un temps d'avance sur l'Occident

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    La Russie s'avère avoir pertinemment jugé tant la situation en Syrie que le rôle des accords de Minsk dans la stabilisation de la situation en Ukraine, ce que l'Occident est obligé de reconnaître aujourd'hui, a estimé l'ex-ambassadeur britannique en Russie Tony Brenton.

    Les pays occidentaux, qui se sentent apparemment responsables de ce qui se passe dans ces régions en crise et qui s'ingèrent ainsi activement dans la politique intérieure de ces derniers, n'ont pas pour autant réussi à entreprendre des démarches efficaces pour résoudre ces crises, selon M. Brenton, cité par le journal britannique The Independent.

    Dans ce contexte, la rencontre du président russe Vladimir Poutine avec son homologue américain Barack Obama, prévue dans le cadre de la 70e session de l'Assemblée générale de l'Onu, semble prometteuse avant même d'avoir commencé.

    Une rencontre attendue et prometteuse

    Le portrait du président syrien Bachar el-Assad, Damas. Archive photo
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    Les dirigeants russe et américain ne se sont pas entretenus depuis un an sur fond de tensions croissantes sur la scène internationale. Ainsi, la rencontre fixée au lundi 28 septembre, témoigne d'une évolution positive dans les relations entre les deux chefs d'Etat, bien que les deux pays qualifient différemment la réunion à venir.

    Les Etats-Unis ont affirmé que c'était la Russie qui avait voulu une telle rencontre dont le sujet principal devrait concerner la crise ukrainienne. La Russie, pour sa part, a insisté sur le fait que la rencontre était organisée d'un commun accord et que le thème clé porterait sur la Syrie, a expliqué l'ancien diplomate.

    Avant que cette rencontre ait été décidée, la communauté internationale a assisté aux actions de la Russie en Syrie, et les observateurs occidentaux ont vite avancé des explications bien ingénieuses à ce propos, mais la réalité est beaucoup plus banale, a fait remarquer M. Brenton.

    Les buts poursuivis par la Russie et par l'Occident

    "Comme M. Poutine l'a déjà dit, l'objectif principal de la Russie consiste à contrer l'intensification du fondamentalisme islamique", qui représente une menace intérieure directe pour la Russie, pour le Caucase et pour d'autres régions, d'après M. Brenton. La Russie a pu constater les démarches maladroites de l'Occident, surtout en Irak et en Libye. Le soutien par l'Occident de l'opposition modérée en Syrie n'est qu'une illusion, a-t-il poursuivi.

    La feuille de route occidentale emprunte une direction qui va dans le même sens que les intérêts de Vladimir Poutine. Le contexte actuel nous propose donc un choix entre "l'abominable" (le régime de Bachar el-Assad) et "l'abominable et le dangereux" (le groupe terroriste Etat islamique), et la résolution de ce problème est évidente pour le président russe. Les USA et le Royaume-Uni, pour leur part, qui réclament la démission du président syrien depuis des années, semblent prêts à accepter le fait que Bachar el-Assad pourrait rester au pouvoir temporairement.

    Les crises ukrainienne et syrienne bientôt résolues?

    Le secrétaire à la Défense des Etats-Unis Ashton Carter, après avoir négligé les rapports avec son homologue russe Sergueï Choïgou, a tout de même tenu des négociations avec lui la semaine dernière afin de mutualiser leurs efforts et résoudre ainsi le problème syrien.

    Quant à l'Ukraine, les pourparlers en l'espèce poursuivront apparemment les propositions avancées auparavant par la Russie.

    Washington et Londres tendaient à se focaliser sur la nécessité de changer la position de M. Poutine et ne qualifiaient pas les accords de Minsk que de temporaires. Les sanctions antirusses devaient, selon leur logique, forcer la Russie à reculer.

    Pourtant, cette approche n'a pas marché, a précisé M. Brenton. Actuellement, la Russie vit réellement une période difficile, avec une économie en déclin et d'autres problèmes intérieurs. Les accords de Minsk, contrairement aux prévisions de l'Occident, ont aidé à enchaîner les actions militaires sur place et sont pleinement opérationnels jusqu'ici.

    Dans le même temps, les sanctions imposée à la Russie n'ont pas changé la position du président russe, et ont même davantage raffermi son autorité aux yeux de son peuple. De cette manière, les sanctions ont aidé à assurer le respect des accords de Minsk, a conclu l'ex-diplomate britannique.

    Selon lui, la crise ukrainienne est encore loin d'être complètement dénouée, mais sa résolution circule déjà dans l'air. Actuellement, sur la scène internationale, "les principaux acteurs tiennent plutôt des pourparlers et ne tirent pas. Nous ne sommes pas encore sortis du tunnel, mais il est fort probable que nous nous rapprochions de la sortie".

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    crise syrienne, crise en Ukraine, Vladimir Poutine, Barack Obama, Occident, Syrie, Ukraine, Russie
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