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    Manifestation de protestation à Chisinau

    Et le pays en faillite pour 1 md USD est…

    © Sputnik. Pavel Pakhomenko
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    Le FMI se montre sévère à l'égard de la Moldavie, au bord de la faillite, dont les dirigeants pro-européens seraient impliqués dans le détournement d'un milliard de dollars d'un précédent crédit.

    Le Fonds monétaire international (FMI) a interdit à la Roumanie d'accorder un crédit de 150 millions d'euros à la Moldavie, le pays le plus pauvre d'Europe, avant que Chisinau signe un accord avec le FMI, ont rapporté lundi les médias moldaves.

    "Nous comptions sur un crédit de Bucarest. Mais le FMI ne permet pas aux autres pays d'accorder des crédits à la Moldavie en l'absence d’un accord avec le fonds. Ils ont dit non à la Roumanie (…). Nous sommes dans une situation très délicate aggravée par l'instabilité politique", a indiqué Mihai Ghimpu, chef du Parti libéral, membre de la coalition au pouvoir.

    La dette moldave

    La Roumanie serait le seul Etat européen à aider financièrement la Moldavie qui traverse une crise politique grave suite à plusieurs scandales de corruption impliquant les dirigeants du pays. L'UE et la Banque mondiale ont aussi bloqué l'octroi d'aide à Chisinau.

    Selon le Parti communiste du pays, la Moldavie risque le sort de la Grèce: le pays est surendetté, le niveau de vie est en chute libre et le chômage est en hausse.

    "Notre pays risque de se voir imposer des accords contraignants identiques à ceux signés par la Grèce. Nous suivons donc avec attention l'évolution de la situation dans le berceau de la démocratie", a indiqué le Parti communiste moldave dans un communiqué.

    La dette publique moldave a atteint le niveau catastrophique de 180% du PIB. Les autorités du pays sont obligées de couper dans les dépenses. Selon l'ancien premier ministre moldave Chiril Gaburic, qui a démissionné en juin dernier, un défaut de paiement est imminent.

    "Nous avons des fonds pour payer les salaires et les retraites, là il n'y a aucun danger. Mais nous devons réduire nos investissements, cela portera un coup à notre économie et à son développement", note M.Ghimpu.

     Scandale de corruption

     Manifestants avec le drapeau de la Moldavie. Archive photo
    © AFP 2017 DANIEL MIHAILESCU / FILE
    Le 21 septembre dernier, le président de la Banque nationale de Moldavie Dorin Dragutanu et son adjoint Marin Molosag ont dû quitter leurs postes. Leur départ figurait parmi les réclamations formulées par les manifestants de l'opposition rassemblés dans le centre de Chisinau. Les opposants accusent les dirigeants de la Banque d'avoir détourné en novembre 2014 un milliard de dollars de crédits, soit environ un huitième du PIB national, de trois grandes banques moldaves – Banca de Economii, Banca Sociala et Unibank. Selon une hypothèse, les fonds destinés à financer la restructuration du système bancaire, ont été retirés à l'étranger, provoquant l'effondrement de la monnaie nationale et la montée des prix alimentaires.

    La Moldavie bénéficie d'une aide du FMI depuis 1993. Adopté en 2010, le programme de coopération en vigueur prévoyait l'octroi d'une aide financière de 570 millions de dollars à Chisinau. La Moldavie en a reçu 490 millions, mais le FMI a bloqué le versement de la dernière tranche de 76 millions en dénonçant l'absence de réformes structurelles, un niveau de corruption important et la disparition d'une grande partie des crédits.

     Intégration européenne et ses conséquences

    La Russie avait aussi aidé la Moldavie, ancien membre de la Communauté des Etats Indépendants (CEI), jusqu'en 2015. Mais Chisinau a préféré coopérer avec l'Union européenne en signant un accord de libre-échange avec l'UE. La Moldavie doit obtenir le statut de pays candidat d'ici 2017 et devenir membre de l'UE d'ici 2020 conformément à la "feuille de route" de l'accord Moldavie-UE.

    Selon un sondage réalisé par les communistes, le nombre des partisans de l'intégration européenne a chuté de 70% en 2007 à 35% en 2015. Le 2 février 2014, une large majorité des habitants de la Gagaouzie, un district autonome du sud de la Moldavie, se sont même prononcés par référendum pour une adhésion de la région au sein de l'Union douanière Russie-Biélorussie-Kazakhstan. Selon eux, l'intégration de la Moldavie à l'UE entrainerait une perte de souveraineté de Chisinau ce qui engagerait alors la Gagaouzie vers la voie de l'indépendance.

    La Russie a mis en garde la Moldavie contre les risques économiques de son intégration européenne. Un tiers des produits exportés par Chisinau sont destinés à la Russie et le choix européen représente un choc pour son économie. D'après le vice-ministre russe du Développement économique, Alexeï Likhatchev, la Moldavie ne pourra pas répondre à la fois aux normes de l'UE et à celles de la CEI.

    Qui plus est, ce pays est aussi victime des sanctions adoptées par l'Occident contre la Russie. La plupart des sociétés moldaves qui exportent leurs produits vers la Russie appartiennent à des investisseurs russes. Les sanctions occidentales se retournent donc contre ces entreprises, rappelle Natan Garstea, chef de l'agence de notation Estimator-VM de Chisinau.

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    Tags:
    corruption, crédit, dette publique, Fonds monétaire international (FMI), Mihai Ghimpu, Roumanie, Grèce, Moldavie
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