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    des femmes-Yézidis en Irak

    Sputnik dévoile à quels prix l'EI négocie ses otages

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    Situation au Proche-Orient (2015) (38)
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    Une personne mise à la vente ou condamnée à l'exécution, une fille destinée à la lapidation ou à l'esclavage sexuel... Les Irakiens sont forcés de mener des négociations complexes avec l'EI afin de sauver les vies de leurs fils et filles enlevés par des djihadistes.

    L'agence Sputnik a réussi à obtenir des informations concernant les "prix des otages", fixés par l'EI dans les marchés d'esclaves en Irak et en Syrie. Afin de libérer les otages, les habitants des villes envahies par les islamistes s'exposent eux-mêmes à de graves dangers, allant jusqu'à courir le risque de perdre vie ou argent.

    Les otages "les plus précieux" gardés au sous-sol

    Selon les Irakiens, les prisonniers "les plus précieux" sont détenus dans une prison qui ressemble à une véritable ville souterraine, située dans la province d'Anbar dans l'ouest de l'Irak. Le prix de rachat de ces détenus atteint 120.000 dollars.

    "Les islamistes retournent aux proches parents des hommes, des adolescents et des vieillards détenus sans aucune raison, en échange d'importantes sommes d'argent", a rapporté à Sputnik l'un des résidents de la province d'Anbar, Abou Kareem.

    Selon lui, le prix d'un prisonnier peut s'élever jusqu'à 120.000 dollars, tandis que le prix moyen varie de 20.000 à 30.000 dollars.

    Les pourparlers se font uniquement avec les femmes

    La condition essentielle des djihadistes réside dans le fait que seules les femmes sont autorisées à apporter les sommes d'argent destinées au rachat des otages. Seules les mères ou les épouses peuvent racheter un fils ou un mari selon un accord préalable avec l'un des commandants islamistes.

    Si on ne réussit pas à engager les femmes dans les négociations, le détenu peut être exécuté, a annoncé à Sputnik un résident d'Anbar, Rahim al-Anbar, ajoutant que cela arrive presque tous les jours dans les villes de Falloujah, Ramadi et Anbar.

    Le sauvetage des femmes-Yézidis

    Il devient de plus en plus difficile de libérer les femmes-Yézidis (une religion du nord de l'Irak) de la capture ou de l'esclavage sexuel, car elles habitent dans les zones les plus dangereuses, sur la frontière entre l'Irak et la Syrie.

    Selon un de ces courageux sauveteurs, Abu Chudzhaa, la libération des Yézidis de la prison d'une des zones dangereuses et éloignées peut être réalisée par étapes et peut coûter de quatre à sept mille dollars.

    "On peut également établir le contact avec le maître djihadiste des femmes prises en otages. Ce moyen de rachat peut se chiffrer à 30.000 dollars", a indiqué Abu Chudzhaa, faisant remarquer que les islamistes prennent parfois les sommes revendiquées sans libérer les détenus ou tuent les confidents.

    Le coût de la vie

    Dans ces conditions, les Irakiens sont forcés de quitter leurs maisons. Mais l'exode n'est pas du tout gratuit. Les habitants sont obligés de payer les islamistes afin de se sauver. On parle de sommes allant de 200 à 2.000 dollars, a précisé à Sputnik le refugié Munir Saïd.

    En outre, Munir Saïd a déclaré que les islamistes permettaient aux Irakiens de déménager de Ramadi et de Falloujah pour d'autres villes uniquement pour des raisons de santé ou selon un accord préalable avec un commandant de l'EI, et dans le cas où ils ne reviendraient pas à temps, les djihadistes pourront tuer leurs familles et faire sauter leurs maisons.

    Le même ordre règne à Mossoul et Hawija, dans les provinces de Ninive et de Kirkouk, dans le nord de l'Irak, envahies depuis un an par Daesh.

    Dossier:
    Situation au Proche-Orient (2015) (38)

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    Tags:
    prison, prise d'otages, Etat islamique, Syrie, Irak
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