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Le directeur général de MSF, qui a réussi à survivre au bombardement du centre de soins, raconte la vérité sur le terrible incident.

Les médecins militaires sont appelés à sauver les vies des blessés lors des conflits. Mais, depuis quelques jours, Christopher Stokes, directeur général de MSF, se pose la question: qui donc, alors, doit protéger les médecins?

L'Onu et MSF refusent de qualifier le bombardement de l'hôpital de Médecins sans Frontières, à Kunduz (nord de l'Afghanistan, ndlr), de bavure de l'armée US: ils préfèrent le terme de "crime de guerre".

Comment qualifier autrement une attaque bien ciblée, étalée sur une heure environ et dont quatre ou cinq frappes aériennes ont tué 22 personnes: 12 employés et 10 patients? 

Le directeur de MSF a raconté ce qui s'est vraiment passé cette nuit meurtrière de vendredi à samedi 3 octobre.

"Les frappes aériennes ont précisément ciblé l'hôpital, dont l'emplacement avait été signalé à l'avance. Nous avons communiqué les coordonnées précises de l'hôpital au gouvernement afghan, à l'opposition locale et aux troupes américaines. C'est pour cette raison que de tels actes ne peuvent pas être justifiés", s'indigne M.Stokes.

Il a également précisé que MSF avait avisé les armées afghane et américaine du bombardement de son établissement. Cependant, le bombardement s'est poursuivi malgré les appels au secours. 
"Un des patients est mort car il était sur la table d'opération lors du bombardement. Le bâtiment était en flammes, les médecins ont dû l'abandonner sur place". 

Cependant, les médecins doivent sauver des vies et pour cela ils veulent "avoir des garanties de tous les participants au conflit, surtout de la part de ceux que nous soupçonnons nous avoir bombardés", a déclaré Christopher Stokes, selon qui "tout porte à croire que ces frappes ont été effectuées par l'armée US".

L'hôpital de MSF à Kunduz était le seul établissement de la région capable d'apporter une aide appropriée à de grands blessés. Hier, les médecins de MSF ont quitté la ville de Kunduz en attendant les garanties qu'ils "peuvent travailler en Afghanistan sans être bombardés dans leurs propres hôpitaux".

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Tags:
hôpital, victimes, bombardements, Médecins sans frontières (MSF), ONU, Kunduz, Afghanistan, États-Unis
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