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    attentat à Ankara

    95 morts à Ankara dans l'attentat le plus meurtrier de l'histoire turque

    © AFP 2017 OZCAN YAMAN
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    Au moins 95 personnes ont été tuées et 246 blessés samedi dernier à Ankara dans l'attentat suicide le plus meurtrier jamais commis en Turquie.

    Alors que débutent les trois jours de deuil national décrétés par le gouvernement, la Turquie commence à enterrer ces compatriotes, péris dans cet attentat non revendiqué.

    Un bilan de morts choquant

    A 10h04 locales (07h04 GMT), deux fortes explosions ont secoué les alentours de la gare centrale d'Ankara lors d'une manifestation de protestation contre les frappes menées depuis le 24 juin dernier par les forces gouvernementales contre les combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), dans les régions sud-est du pays.

    Le nombre de morts et de blessés augmente impétueusement. Si juste après les attentats, il s'agissait d'une vingtaine de morts, vers le soir dernier le bilan des morts a atteint 95 personnes, 246 personnes ont été blessées, dont 48 toujours sont en soins intensifs.

    Plus de 56 ambulances sont arrivées sur les lieux. Cinq hélicoptères sanitaires ont été impliqués dans l'opération de sauvetage. Bien que les services médicaux turcs coopèrent avec la Croix Rouge afin de faire tout le nécessaire pour aider les blessés, les hôpitaux manquent de sang.

    La réaction du pouvoir

    Le président turc Recep Tayyip Erdogan a condamné "l'attaque haineuse" qui a visé samedi des militants de l'opposition participant à une manifestation pour la paix à Ankara.

    "Je condamne fermement cette attaque haineuse contre notre unité et la paix de notre pays", a réagi M.Erdogan dans une déclaration publiée sur le site internet de la présidence.

    "La détermination et la solidarité que nous allons montrer après cette attaque sera la réponse la plus forte et la plus significative au terrorisme", a-t-il ajouté, cité par l'AFP.

    Les condoléances des leadeurs étrangers

    Les chefs des pays étrangers ont exprimé leur "solidarité" avec la Turquie contre le "terrorisme".

    "Le peuple américain est solidaire du peuple turc dans sa lutte contre le terrorisme et les défis de sécurité communs de la région", a affirmé Barack Obama dans un communiqué de la Maison Blanche, en transmettant "sa plus profonde et personnelle compassion à ceux qui ont été tués et blessés dans ces attaques terroristes odieuses".

    Le président russe Vladimir Poutine a aussi apporté ses condoléances à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan.

    "Vladimir Poutine a exprimé sa sincère compassion aux familles et aux proches des victimes et souhaité une prompte guérison à tous les blessés", a annoncé le Kremlin dans un communiqué.

    Le dirigeant russe a également réaffirmé la disposition de Moscou à coopérer "le plus étroitement possible" avec les autorités turques dans la lutte contre la menace terroriste.

    L'EI soupçonné

    L'attentat n'a pas été immédiatement revendiqué, mais le chef du gouvernement turc, Ahmet Davutoglu, soupçonne trois mouvements, selon lui, d'en être l'auteur: le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), le groupe Etat islamique (EI) et le Parti/Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C) d'extrême gauche.

    "L'enquête se poursuit. Il y a des preuves que cet attentat a été réalisé par deux kamikazes", a ajouté M.Davutoglu.

    Le HDP a pointé du doigt la similitude entre l'attentat d'Ankara et celui du 20 juillet à Suruç, près de la frontière syrienne, attribué à l'EI et où 33 militants de la cause prokurde ont été tués. En outre, les engins explosifs utilisés dans les attentats à Ankara et à Suruci, étaient identiques, rapporte l'agence Anadolu, citant des sources policières.

    La réaction du peuple turc

    Quelque 10.000 personnes ont dénoncé samedi soir à Istanbul la responsabilité du gouvernement dans le double attentat meurtrier, ayant organisé des marches de protestation à Istiklal, Diyarbakir Izmir, Batman, Urfa et Van.

    Derrière une large bannière proclamant "nous connaissons les meurtriers", les manifestants ont conspué Recep Tayyip Erdogan et son Parti de la justice et du développement (AKP).

    Neanmoins, M.Erdogan a appelé le peuple turc à s'unir afin de faire face au terrorisme.

    "Comme tous les autres actes terroristes, l'attaque contre la gare d'Ankara vise notre unité, notre fraternité et notre avenir", a-t-il poursuivi, en promettant que ses auteurs seraient "retrouvés au plus vite" et "livrés à la justice".

    Cet attentat intervient à trois semaines des élections législatives anticipées du 1er novembre, dans un climat de forte tension nourri par les affrontements meurtriers entre les forces de sécurité turques et le PKK dans le sud-est à majorité kurde du pays.

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    Tags:
    attentat, manifestation, Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Etat islamique, Ahmet Davutoglu, Recep Tayyip Erdogan, Vladimir Poutine, Barack Obama, Ankara, Turquie
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