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    Dilma Rousseff

    Chefs d'Etat ou délinquants?

    © AP Photo/ Victor R. Caivano
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    Les enquêtes pénales contre les grands de ce monde, dont les présidentes brésilienne et argentine actuelles, accusées récemment, ont amené la communauté internationale à réfléchir à la légitimité des voies choisies par les chefs d'Etat pour assouvir leurs désirs politiques.

    Ces derniers temps, on a assisté à de nombreuses procédures pénales menées à l'encontre de hauts fonctionnaires de divers pays ainsi que de dirigeants mondiaux. Par exemple, la cour suprême électorale du Brésil a récemment pris la décision de rouvrir l'enquête contre la présidente brésilienne Dilma Rousseff et du vice-président Michel Temer suite à des accusations de participation aux plans frauduleux du géant pétrolier Petrobras.

    Pourtant, Dilma Rousseff n'est pas la seule chef d'Etat coupable d'avoir violé la loi pour parvenir à ses buts. Voici une liste de 12 dirigeants mondiaux comparaissant actuellement ou bien ayant comparu par le passé dans des affaires pénales.

    1. Dilma Rousseff

    La présidente brésilienne actuelle, impliquée dans le scandale concernant les manœuvres frauduleuses au sein du groupe pétrolier Petrobras, a l'honneur d'ouvrir notre liste.

    En 2014, un système de corruption a été mis au jour permettant à des employés de Petrobras de signer des contrats au nom de l'entreprise pétrolière et de tirer un profit de 3% du montant de ces contrats. Ces "rémunérations" étaient utilisées comme pots-de-vin proposés à des fonctionnaires ou politiques brésiliens.

    Les manœuvres ont rempli les poches des créateurs de ce réseau de malversations pour la bagatelle de 10 milliards de réals (3,8 milliards de dollars). Pourtant, le procureur général brésilien Rodrigo Janot a déclaré qu'il ne disposait pas des pouvoirs lui permettant de mener une enquête contre la présidente du pays. Ainsi, l'enquête n'impliqua pas Dilma Rousseff, bien que son nom ait paru plusieurs fois dans les listes déposées devant la Cour suprême.

    2. Cristina Fernandez de Kirchner

    Le 13 février 2015, la présidente argentine actuelle Cristina Fernandez de Kirchner, ainsi que le chef de la diplomatie et deux politiques argentines, ont fait face à des accusations en lien avec l'attentat de Buenos Aires de 1994. On reprochait à la présidente et aux fonctionnaires de s'être conjurés afin d'"assurer l'impunité" des Iraniens que l'Argentine avait accusé d'être impliqués dans un attentat à la voiture piégée en 1994.

    De nombreux juristes argentins ont qualifié ces accusations d'insuffisantes et immotivées, et le dossier a été fermé en 2015.

    3. Viktor Ianoukovitch

    Le 6 février 2015, le Parquet général de l'Ukraine a entamé la poursuite par défaut de Viktor Ianoukovitch, accusant le quatrième président ukrainien (2010-2014) d'avoir créé une organisation criminelle.

    Au total, les services de l'ordre ukrainiens ont dénombré cinq affaires pénales où l'on trouvait le nom d'Ianoukovitch, dont une affaire de détournement des deniers de l'Etat.

    4. Mohamed Morsi

    Le 21 avril 2015, l'ancien président de l'Egypte Mohamed Morsi et ses associés ont été condamnés à 20 ans d'emprisonnement suite à une accusation d'incitation au meurtre de manifestants. Par la suite, le 16 juin, la Cour pénale de l'Egypte attribuait la sentence capitale à M. Morsi pour son implication dans les désordres survenus dans la prison située dans Wadi el Natrun lors de la révolution de 2011.

    De surcroît, le chef d'Etat égyptien a été condamné à perpétuité suite à des accusations d'espionnage visant des services de renseignement étrangers.

    5. Uhuru Kenyatta

    Le nom du président de la République du Kenya, Uhuru Kenyatta (en fonction depuis le 9 avril 2013), est lui aussi entaché d'une série d'affaires pénales.

    Ainsi, le président, le vice-président du pays et plusieurs autres politiques kenyanes ont été accusés par la Cour pénale internationale (CPI) de crimes contre l'humanité lors de la crise politique des années 2007-2008 au Kenya.

    De 2002 à 2008, M. Kenyatta a dirigé l'opposition du pays et a participé aux élections présidentielles de 2007, où il a subi une défaite. Par la suite, selon les procureurs de la CPI, il a déclenché une onde de violence, faisant environ 1.500 morts.

    Cependant, en décembre 2014, la CPI annonçait l'abandon des charges à son endroit.

    6. Mikhaïl Saakachvili

    L'ancien président géorgien (2004-2013) a été accusé par défaut par le parquet général du pays dans le cadre de diverses affaires pénales. On peut citer notamment les accusations de déprédation des biens de l'Etat, d'abus de pouvoirs ainsi que d'assassinat de Sandro Girgvliani en 2006.

    M. Saakachvili a quitté la Géorgie suite à l'arrivée au pouvoir d'un nouveau président, en novembre 2013, et n'est pas retourné dans le pays depuis. Il a également refusé d'aider l'enquête pénale et de répondre aux questions du parquet.

    7. Hosni Moubarak

    Le président égyptien (1981-2011) a été condamné à perpétuité pour avoir donné l'ordre d'utiliser des munitions de guerre afin de disperser des manifestants non-violents lors des troubles révolutionnaires du printemps 2011.

    De plus, Hosni Moubarak et ses deux fils ont été accusés de détournement de fonds publics, et ont été ensuite condamnés à trois ans de prison à régime strict pour corruption.

    8. Nicolas Sarkozy

    Actuellement, les services de l'ordre français sont en train d'examiner plusieurs causes pénales impliquant le président (2007-2012) et son entourage.

    L'année 2012 a été marquée par un scandale autour d'un soutien financier présumé de M. Sarcozy de la part du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, dont le montant a été évalué à 50 millions de dollars. Les fonds auraient été destinés à subvenir aux besoins du président français lors de sa campagne électorale. Les débats judiciaires se poursuivent à ce jour.

    M. Sarcozy fait également face à des accusations de corruption, d'abus de ses fonctions à des fins personnelles et de dissimulation de la violation du secret professionnel.

    9. Saddam Hussein

    Le président iranien (1979-2003) a été condamné à mort par pendaison pour des crimes contre le peuple irakien dans le cadre d'un massacre dans un village chiite en 1982.

    La sentence fut exécutée le 30 décembre 2006.

    10. Jacques Chirac

    En décembre 2011, le président français (1995-2007) a été condamné à deux ans avec sursis pour avoir créé des emplois fictifs lors de son passage à la mairie de Paris. Selon la décision de justice, M. Chirac a été reconnu coupable de détournement de deniers publics, ainsi que d'abus de confiance et de ses fonctions à des fins lucratives.

    11. Augusto Pinochet

    A la suite d'un coup d'Etat, Augusto Pinochet a établi un régime militaire au Chili, dans les années 1973-1974, et a ensuite (dans les années 90s) été accusé d'avoir été impliqué dans quelques 100 actes d'assassinat, d'enlèvement de personnes et de torture.

    En juillet 2001, les actions à l'encontre du général Pinochet étaient suspendues en raison d'un verdict de démence légère, ce qui entraîna son absolution complète en 2002.

    12. Slobodan Milosevic

    En 1999, le président de la République fédérale de Yougoslavie (1997-2000) et de la République de Serbie (1989-1997) a été accusé de crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide devant le Tribunal pénal international de La Haye pour l'ex-Yougoslavie.

    Slobodan Milosevic a été arrêté le 1er avril 2001 pour abus de pouvoir et corruption et a été livré à l'Onu par le gouvernement serbe en juin 2001. Son procès a débuté le 12 février 2002. M. Milosevic est mort d'un infarctus du myocarde lors de la cinquième année de son procès.

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    Tags:
    délinquance, crimes de guerre, crimes contre l'humanité, crimes, Jacques Chirac, Saddam Hussein, Nicolas Sarkozy, Mikhaïl Saakachvili, Mohamed Morsi, Viktor Ianoukovitch, Cristina Fernandez de Kirchner, Dilma Rousseff
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