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Les partis politiques qui pourraient arriver au pouvoir ce dimanche en Pologne ne tarderaient pas à accélérer la restitution des biens polonais qui se sont retrouvés en Ukraine après la Seconde Guerre mondiale.

Ce dimanche, les Polonais élisent leur parlement, la Diète. La Plateforme civique (PO), parti au pouvoir en Pologne depuis huit ans, risque de perdre le scrutin. Ce parti et la première ministre sortante Ewa Kopacz peuvent compter recueillir, au mieux, 25% des voix.

Par contre, le parti d'opposition Droit et Justice (PiS) obtiendra visiblement environ 38% des suffrages. Le mouvement du rocker Paweł Kukiz, la coalition de la Gauche unie (ZL) et le Parti paysan polonais (PSL) pourront décrocher des sièges, eux aussi. C'est visiblement avec ces partis que le vainqueur formera le gouvernement.

Les experts se perdent en conjectures en essayant de prédire l'éventuel changement de la politique du pays. Lors de leur campagne électorale, les candidats ont souvent évoqué la Russie et l'Ukraine. Ainsi, Beata Szydło pressentie nouvelle première ministre, a déclaré que "les relations avec la Russie étaient importantes" pour la Pologne.

"Mais nous ne devons pas oublier non plus qu'elle est en premier lieu notre ennemi", a-t-elle ajouté.

En effet, les milieux politiques polonais ne s'empressent pas de normaliser les relations avec Moscou. Et ce, malgré la situation économique grave de la Pologne et les pertes énormes subies par le pays suite aux contre-sanctions russes.

Un langage différent est tenu avec Kiev. La restitution des biens polonais qui se sont retrouvés en Ukraine après la Seconde Guerre mondiale figurera parmi les thèmes principaux évoqués par Varsovie après les législatives. Avec la très probable victoire du PiS, ce processus gagnera en vitesse.

A cet effet, on a créé une organisation chargée de recueillir les demandes de restitution afin de les déposer devant les tribunaux de Kiev et de Varsovie. Baptisée "Restitution des Kresy", cette organisation réunit plusieurs centaines d'héritiers de biens immobiliers des Kresy de l'est qui souhaitent se voir restituer leurs biens ou dédommager.

"Au cours des deux prochains mois, le nombre de demandes atteindra 2.000. Plus tard, nous pourrons recevoir des dossiers plus complexes et nécessitant une étude plus détaillée. Tout en croyant en l'impartialité et l'indépendance des juridictions ukrainiennes, nous comprenons néanmoins qu'elles seront tentées de mettre tel ou tel dossier au placard. Quoi qu'il en soit, l'Ukraine devra payer tant pour les biens que pour les tentatives — si elles ont lieu — de faire traîner les procès en longueur", a déclaré le porte-parole de l'organisation, Conrad Renkas.

Selon les termes de l'accord d'association signé entre l'Ukraine et l'UE, Kiev est tenu de restituer tous les biens qui se sont retrouvés en Ukraine à leurs anciens propriétaires ou aux héritiers de ces derniers. Au cas où la restitution serait impossible, les autorités ukrainiennes seront obligées de dédommager les intéressés.

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Tags:
élections législatives, PiS, Plate-forme civique, Ewa Kopacz, Pologne, Ukraine, Russie
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