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Crise migratoire (789)
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La Suède sonne l'alarme: elle ne peut plus faire face à l’afflux de réfugiés et appelle les autres pays européens à partager le fardeau en accueillant des migrants.

Le gouvernement suédois vise à présenter ce jeudi une demande formelle auprès de la Commission européenne sur la relocalisation, dans l'UE, d'une partie des dizaines de milliers de migrants arrivant en Suède.

"La Suède a pendant longtemps pris une large responsabilité par rapport aux autres pays de l'UE, et nous sommes désormais dans une situation extrêmement tendue. Il est temps que d'autres pays prennent leur responsabilité", a déclaré le premier ministre suédois Stefan Löfven.

Cet appel a été chaleureusement soutenu par le président du Conseil européen Donald Tusk, avec lequel M. Löfven s'était entretenu mercredi dernier à Stockholm.

"La Suède est le premier pays concerné, en Europe, en termes de réfugiés et demandeurs d'asile par habitant. Grâce à la réserve (de quotas) libérée par la décision de la Hongrie, la Suède peut légitimement prétendre à notre soutien", a indiqué Donald Tusk, cité par l'AFP, au cours d'une conférence de presse conjointe.

La Suède avait été le premier pays à recevoir des demandeurs d'asile déplacés par l'Union européenne, accueillant 19 Érythréens arrivés d'Italie le 9 octobre. Les centres d'accueil suédois pour demandeurs d'asile étaient pourtant alors près d'afficher complet. Selon Stefan Löfven, fervent avocat d'une ouverture des frontières de l'UE aux migrants, son pays était "aux limites de ses capacités d'accueil".

"Nous avons atteint un point où nous ne pouvons plus accueillir les personnes dans les conditions que nous souhaiterions", a expliqué le premier ministre.

Réfugiés à Stockholm
© AFP 2020 Jonathan Nackstrand
Le royaume scandinave attend jusqu'à 190.000 réfugiés cette année, un chiffre qui, rapporté à sa population, correspondrait pour l'Allemagne à l'arrivée de 1,6 million de personnes. C'est pourquoi, Stockholm estime "mériter" une partie du quota de 54.000 personnes auquel la Hongrie a renoncé en s'excluant de ce mécanisme.

Le gouvernement et l'opposition se sont mis d'accord, fin octobre, sur une série de mesures destinées à endiguer l'afflux de demandeurs d'asile. Il prévoit de délivrer des permis de séjours provisoires plutôt que permanents à certains demandeurs, de relever les conditions de ressources exigées au titre du regroupement familial et d'accélérer les demandes et la reconduite à la frontière des déboutés.

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Tags:
migrants, réfugiés, Union européenne (UE), Donald Tusk, Stefan Löfven, Suède, Stockholm, Hongrie
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