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    Les proches des victimes de la catastrophe aérienne A-321

    Caricatures de Charlie Hebdo: le Sénat russe attend de Paris des explications

    © AFP 2019 Olga Maltseva
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    L’hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo tourne en dérision le crash de l’Airbus A321 russe dans le Sinaï égyptien. Les autorités russes sont persuadées que ces caricatures nuisent à la réputation française, et les sénateurs russes demandent des explications du ministère de la Culture français.

    Le premier adjoint du chef du comité de Conseil de la fédération de la Défense et de la sécurité Frants Klintsevitch est persuadé que la France doit réagir à la publication des caricatures.

    "Au minimum, la Russie attend des explications de la part du ministre français de la Culture", a déclaré Frants Klintsevitch, cité par son service de presse.

    L'un des députés du parti au pouvoir Russie unie Viatcheslav Nikonov s'indigne que les journalistes  de Charlie Hebdo aient "dansé sur la mémoire" des personnes ayant péri dans cette catastrophe.

    "J'estime que ces caricatures frapperont fort sur l'image de la France en tant qu'Etat et sur l'Europe où de telles choses sont possibles", a déclaré le député. D'après lui, il est impossible d'imaginer que des Russes puissent bafouer la mémoire des victimes de catastrophes.

    Et d'ajouter qu'avec ces caricatures, l'hebdomadaire a perdu les gens qui en Russie et sans doute au-delà auraient pu sympathiser.

    Les membres du Conseil de la Fédération sont surpris de n'avoir trouvé aucune réaction des médias français.

    Le député russe Alexeï Pouchkov fait remarquer que ces caricatures vont au-delà du journalisme national et sont blasphématoires à tel point que les autorités françaises officielles doivent les commenter.

    "Le silence à ce propos signifierait de fait l'accord avec ce droit administré par Charlie Hebdo de railler et de bafouer d'une manière blasphématoire la mort des gens", a-t-il souligné. 

    "Ça n'a rien à voir avec la liberté d'expression", pointe la chef du comité de la Douma. D'après lui, la liberté "prévoit une certaine responsabilité, et de plus, dans certains pays, cette responsabilité est fixée par la loi", a constaté M. Pouchkov.

    Ainsi, dans plusieurs pays européens, la négation de la Shoah est punie par l'emprisonnement.

    D'autres députés soulignent que ces caricatures ne répondent à aucune éthique, ni journalistique, ni humaine.

    "Dans notre pays, il y a un mot pour nommer cela: blasphème. Cela n’a aucun rapport ni avec la démocratie, ni avec l’expression de soi, ni avec rien. C’est du blasphème", a déclaré plus tôt le porte-parole du président russe Dmitri Peskov après la publication des caricatures.

    A cette déclaration, le rédacteur en chef du Charlie Hebdo Gérard Biard n'a pas manqué à répondre:

    "Je ne le comprends pas. Nous sommes un journal laïc, démocratique et athée. La notion de blasphème ne signifie rien pour nous. Nous commentons des nouvelles, tout comme d'autres revues" –propos traduits du russe), a-t-il répondu dans un commentaire pour la RFI russe.

    Quant aux Russes ordinaires, tous en deuil, ils n'arrivent juste pas à comprendre comment il est possible de même penser à tourner à la dérision des catastrophes, la mort et le deuil des gens qui ont perdu leurs proches.

    De nombreux Russes ayant supporté la France lors de la tragédie avec des mots de réconfort n'arrivent pas à croire à la cruauté de Charlie Hebdo.

    Ceux qui ont écrit "Je suis Charlie" pour exprimer leur solidarité écrivent "je ne suis plus Charlie".

    Le tag #ЯНеШарли (je ne suis pas Charlie) se propage sur Twitter.

    Pourtant, la plupart des Russes ont exprimé leur soutien aux Français après la catastrophe, sans s'identifier à l'hebdomadaire mais en exprimant leurs condoléances aux proches des victimes et aux Français.

     

    Donc des phrases du type "les Russes n'ont jamais été Charlie" ont inondé les réseaux sociaux.

     


    Tags:
    réseaux sociaux, Je suis Charlie, rédacteur en chef, blasphème, caricature, crash d'avion, Charlie Hebdo, Viatcheslav Nikonov, Alexandre Pouchkine, Gérard Biard, France, Russie
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