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    Avion russe abattu par la Turquie: un coup de poignard dans le dos (Poutine)

    Su-24 abattu: un fossé croissant entre les politiciens et l’opinion publique

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    La Turquie abat un Su-24 russe (187)
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    L’incident lié au bombardier russe abattu par la Turquie a jeté un pavé dans la mare. Les leaders mondiaux convergent sur un point: il est indispensable d’anéantir l’Etat islamique et d’éviter coûte que coûte l’escalade du conflit au Proche-Orient.

    Seule note discordante dans cette harmonie mondiale: l'idée de présenter leurs condoléances à la Russie ne leur est même pas venue à l'esprit.

    François Hollande, président de la République: "C'est un incident grave et regrettable. Nous devons éviter toute escalade".

    Angela Merkel, chancelière fédérale allemande: "Sans aucun doute, le crash de l'avion russe abattu par la Turquie a rendu la situation actuelle encore plus tendue. Nous sommes désormais tenus de faire de notre mieux afin d'éviter l'escalade du conflit. Chaque pays a le droit de protéger son territoire. Quoi qu'il en soit, il faut tenir compte de la situation très précaire en Syrie et dans les régions limitrophes".

    Barack Obama, président américain: "A mon sens, il est indispensable que la Russie et la Turquie se mettent à la table des négociations afin de tirer l'incident au clair et d'adopter toutes les mesures appropriées pour empêcher l'escalade à l'avenir. Comme tous les pays, la Turquie a le droit de protéger son territoire et son espace aérien".

    David Cameron, premier ministre britannique: "Les faits entourant cet incident ne sont pas encore élucidés. Toujours est-il que nous devons respecter le droit de la Turquie d'assurer la sécurité de son espace aérien".

    Jens Stoltenberg, secrétaire général de l'Otan: "Notre ennemi commun, c'est Daech et je salue tous les efforts déployés pour venir à bout de l'Etat islamique (EI). L'essentiel est que tous les pays, y compris la Russie, aient pour but d'anéantir l'EI. J'appelle au calme et à la désescalade".

    Le porte-parole du ministère allemand de la Défense: "Nous nous abstenons de tout commentaire, étant donné que cet affaire ne concerne que la Russie et la Turquie. Actuellement, ce sont la Russie, la Turquie et l'Otan qu'y sont impliqués. Cela ne nous concerne pas. L'Armée allemande n'a pas été atteinte, et nous n'avons donc rien à ajouter là-dessus".

    Philip Hammond, secrétaire d'Etat des Affaires étrangères et du Commonwealth: "Personne ne tient à faire éclater une nouvelle guerre froide en Europe du Sud-Est".

    Walid Mouallem, ministre syrien des Affaires étrangères: "Malheureusement, les efforts déployés dans le but d'éradiquer l'Etat islamique et le groupe djihadiste Jabhat al-Nosra ont été mal accueillis par le gouvernement turc. Aussi, le pays n'a pas hésité à violer la souveraineté de la Syrie pour abattre le bombardier russe en dehors de son territoire".

    José Manuel García-Margallo, ministre espagnol des Affaires étrangères: "La violation de l'espace aérien turc est inacceptable. Cependant, l'information sur l'avion russe abattu, dont nous disposons, est contradictoire. L'essentiel, c'est de ne pas perdre de vue notre ennemi commun qui est Daech".

    Voix dissonantes dans la société

    Toutefois, de nombreux blogueurs et hommes politiques ont un autre point de vue, et compatissent avec la Russie suite à l'attaque dont l'avion a été victime.

    "Avion russe abattu par la Turquie. Avec le SIEL, je présente mes condoléances à la Russie pour la mort de ses deux militaires", a publié Karim Ouchikh, président du parti SIEL (Souveraineté, indépendance et libertés, ndlr) sur Twitter.

    "La Turquie, membre de l'Otan comme la France, a abattu un avion russe. La Russie est notre allié. La Turquie doit quitter l'Otan", a fustigé Pierre Gentillet, président des Jeunes de la Droite populaire. 

    "#AvionRusse @dupontaignan demande à la #Turquie de " cesser immédiatement son double jeu". 

    "Avion russe abattu: la Turquie a commis un acte intolérable", a souligné Robert Ménard, maire de Béziers, ancien journaliste, fondateur de Reporters sans Frontières.

    Face à cette tragédie, les lecteurs de Sputnik ne sont pas en reste. Nombreux sont ceux qui ont envoyé des commentaires et des lettres de condoléances via notre site Internet.

    "Amis russes, nous vous adressons toute notre sympathie suite à l'agression totalement injustifiée des ottomans +turcs+".

    "Je voudrais vous faire part de ma profonde indignation face à l'odieuse provocation de la Turquie qui a délibérément abattu votre avion engagé dans des opérations contre les terroristes. Je suis impressionné par la détermination du Président Poutine qui a su éviter toute réaction émotionnelle face à cet acte d'agression et qui continue à proposer aux Etats occidentaux de combattre les islamistes de façon coordonnée".

    "Suite à l'acte de guerre de la Turquie contre les forces de la Russie, je tenais à vous faire part du sentiment de la plupart des Français: nous ne sommes pas en accord avec notre gouvernement!"

    "Mes condoléances au peuple russe, à tous les hommes et femmes épris de paix. La vérité finira bien par triompher".

    "Je présente mes condoléance à l'état-major de l'Armée russe et surtout à la famille du pilote martyre du bien de l'humanité et de la paix mondiale".

    Un avion russe Su-24 a été abattu mardi en Syrie. Selon les sources militaires turques, l'avion russe aurait violé l'espace aérien du pays près de sa frontière avec la Syrie. Preuves à l'appui, le ministère russe de la Défense souligne que pendant toute la durée du vol, l'avion se trouvait exclusivement au-dessus du territoire de la Syrie. De son côté, pilote rescapé a indiqué n'avoir reçu aucune sommation ni mise en garde avant que son avion soit abattu.

    Dossier:
    La Turquie abat un Su-24 russe (187)

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    Walid al-Mouallem, espace aérien, frontière, crash d'avion, Su-24, Philip Hammond, José Manuel García-Margallo, Jens Stoltenberg, François Hollande, Angela Merkel, Barack Obama, Turquie, Syrie, Russie
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