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    Le président français  François Hollande

    Quelles sont les chances de Hollande en quête d’une "grande coalition" anti-EI?

    © AFP 2019 Kenzo Tribouillard
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    L'Etat islamique (2014) (1131)
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    Le président français attend beaucoup de son entretien avec Vladimir Poutine jeudi à Moscou, étape essentielle de son marathon diplomatique pour bâtir une "grande coalition" destinée à "détruire" l'Etat islamique, responsable des attentats de Paris et du crash d'un avion russe dans le Sinaï.

    François Hollande qui a rencontré mardi à Washington Barack Obama, poursuit son marathon diplomatique et se rend jeudi à Moscou pour tenter de rapprocher les positions russe et américaine sur la Syrie et la lutte contre le groupe terroriste Etat islamique (EI) qu'il veut détruire grâce à une coalition internationale élargie. 

    L'enjeu est de taille, une telle coalition n’étant pas souhaitée par le président américain, tant que la Russie soutient militairement le président syrien Bachar el-Assad. 

    "Nous devons agir sur la source (…), sur le groupe Daech, sur l'Etat islamique, en Syrie et en Irak" et l'objectif est que "ce groupe puisse être atteint en son cœur", a déclaré mercredi soir le chef de l'Etat français, en demandant à son principal partenaire en Europe, l'Allemagne, de participer au combat. 

    François Hollande a réitéré son souhait de travailler en étroite collaboration avec la Russie "si elle concentre son action militaire sur Daech" et "si elle s'engage pleinement pour la recherche d'une solution politique en Syrie". 

    Au cours de cette semaine diplomatique, avant de se rendre à Moscou, le président français s'est rencontré avec son homologue américain Barack Obama, le premier ministre britannique David Cameron, la chancelière allemande Angela Merkel et le chef du gouvernement italien Matteo Renzi. 

    Les attentats qui ont fait 130 morts le 13 novembre ont poussé la France à infléchir sa stratégie diplomatique en Syrie, en faisant de la lutte contre Daech sa priorité et en ouvrant la porte à une coopération avec la Russie à laquelle elle se refusait jusqu'à présent. 

    La Russie, qui a été jusqu'ici le premier pays à réclamer une "coalition" internationale contre les djihadistes de l'EI, fait cavalier seule en Syrie, l'Occident exigeant que ses frappes aériennes ne touchent pas l'opposition syrienne modérée, mais ciblent exclusivement l'EI. Cela complique beaucoup la tâche du président français. 

    Par ailleurs, la Turquie a probablement torpillé la "grande coalition" contre Daech, en abattant mardi un avion russe engagé dans les opérations anti-EI en Syrie. 

    Selon l'Elysée, François Hollande a insisté mercredi auprès de son homologue turc Recep Tayyip Erdogan sur la nécessité d'une "désescalade" lors d'un entretien téléphonique. M.Erdogan a assuré que son pays voulait éviter toute "escalade" avec Moscou. 

    Quoi qu'il en soit, les analystes constatent que les difficultés à bâtir une coalition anti-EI élargie sont majeures et plus qu'évidentes. 

    Le journal français Le Figaro a demandé à ses lecteurs: "Croyez-vous que François Hollande réussira à former une grande coalition contre Daech avec la Russie et les Etats-Unis?". 

    78% des Français ont répondu par la négative, alors que seulement 22% ont dit croire à la réussite de l'initiative présidentielle.

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    lutte antiterroriste, coalition, Etat islamique, Matteo Renzi, David Cameron, Angela Merkel, Barack Obama, Vladimir Poutine, François Hollande, Syrie, Russie, États-Unis, France
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