Ecoutez Radio Sputnik
    Manifestation à Londres

    Larguez Cameron plutôt que des bombes!

    © AFP 2017 LEON NEAL
    International
    URL courte
    26516

    Jeudi dernier, le premier ministre britannique David Cameron a laissé entendre que la Royal Air force, qui avait déjà bombardé les positions de l'Etat islamique en Irak, pourrait se joindre aux bombardements des djihadistes dans la Syrie voisine.

    Le vote sur cette question pourrait avoir lieu dès la semaine prochaine, et des experts constatent que de nombreux politiques, autrefois hostiles à cette initiative, ont changé de position après les attaques terroristes de Paris.

    Les habitants du Royaume-Uni se sont vivement opposés à cette idée. Samedi, plusieurs milliers de personnes sont descendues dans la rue, à Londres, arborant des pancartes "Ne bombardez pas la Syrie", "Larguez Cameron plutôt que des bombes", "Ne jetez pas de l'huile sur le feu".

    Sur ces entrefaites, David Cameron, en visite à Malte, a une nouvelle fois confirmé qu'à son avis l'EI menaçait son pays et que des frappes aériennes en Syrie seraient "une décision juste". L'activiste de la coalition Stop the War Lindsey German et de nombreux autres Britanniques ne partagent pas cette position: "Nous vous demandons: ne faites pas ça, ne répétez pas l'erreur commise en Irak!".

    Le 28 novembre, une manifestation importante a eu lieu à Madrid. Environ 5.000 personnes se sont rassemblées dans le centre de la capitale espagnole pour rappeler aux autorités les conséquences éventuelles d'une participation à la guerre contre les terroristes. L'Espagne possède déjà une triste expérience en ce sens: en 2004, des terroristes avaient fait sauter plusieurs trains trois jours avant les élections législatives. Ces attentats terroristes avaient fait 191 morts et plus de 2.000 blessés. De nombreux Espagnols estiment que les attaques avaient été lancées en représailles à la participation de leur pays à la guerre contre l'Irak. Leur date est symbolique: les explosions avaient eu lieu 911 jours après les attaques du 11 septembre (9/11) à New York.

    Avion de combat russe à l'aéroport Hmeymim en Syrie
    © Sputnik. Dmitri Vinogradov
    Notons que le fait même de l'apparition de l'Etat islamique est souvent considéré comme une conséquence de l'invasion de l'Irak par les forces armées des Etats-Unis et de leurs alliés. A la fin du mois d'octobre dernier, l'ancien premier ministre britannique Tony Blair a reconnu que le renversement du régime de Saddam Hussein était attribuable à des erreurs de planification et à des données de renseignement erronées. "A l'époque nous n'avons pas compris à quoi cela aboutirait", s'est excusé le politique. Il a également reconnu que, dans la situation actuelle avec la Syrie, l'Europe n'était pas moins coupable, car elle n'avait absolument rien fait.

    La Russie a entamé les bombardements des positions de l'Etat islamique en Syrie le 30 septembre dernier à la demande du président syrien Bachar al-Assad. Peu après le début de l'opération aérienne, le président russe Vladimir Poutine a déclaré que sa durée serait limitée par celle de l'offensive de l'armée syrienne.

     

    Lire aussi:

    L'Allemagne pourrait déployer 1.200 militaires en Syrie
    Le parlement français approuve la prolongation des frappes aériennes en Syrie
    L'Assemblée nationale approuve la poursuite des frappes aériennes en Syrie
    Tags:
    Etat islamique, Tony Blair, David Cameron, Vladimir Poutine, Royaume-Uni, Madrid, Espagne, Londres, Syrie, Russie
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik