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La position adoptée par la Turquie vis-à-vis de Daech est très ambiguë et il est grand temps que les Européens la mettent devant ses responsabilités, a déclaré le général Dominique Trinquand, expert militaire et consultant en matière de relations internationales, dans un entretien accordé à l’agence Sputnik.

Loin de tirer des conclusions définitives, M. Trinquand a donné son avis sur les révélations du ministère russe de la Défense qui avais avancé des preuves de l'implication de la Turquie dans le trafic de pétrole provenant des zones contrôlées par Daech.​

"A l'en croire, la frontière entre la Syrie et la Turquie sert à la fois à faire écouler la production de pétrole qui provient de Syrie et à l'approvisionner en combattants, voire en armements. Ainsi, cette frontière est complétement poreuse et la position de la Turquie face à Daech est assez ambiguë", a-t-il relevé.

​Et d'ajouter: "Il est temps pour les Européens de mettre la Turquie devant ses responsabilités. (…) Je pense que l'Europe étant en mesure d'obtenir des compensations de la Turquie, la fermeture de la frontière entre la Turquie et la Syrie et son contrôle avec des éléments de la coalition permettrait de s'assurer qu'il n'y a pas le trafic que montre la Russie entre la Turquie et la Syrie".

​Soulignant que "tout ceci mériterait une grosse pression vis-à-vis de la Turquie depuis le début", le général a mis l'accent sur la position très ambiguë adoptée par le gouvernement turc à l'égard de Daech.

"La Turquie se sert de sa lutte contre Daech pour lutter en fait contre le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan, ndlr) qui constitue certes un de ses problèmes intérieurs. Mais la façon dont la Turquie a favorisé Daech en laissant transiter des combattants par la frontière et en utilisant le trafic de pétrole pour enrichir Daech est absolument scandaleuse".

Et de rappeler: "Le meilleur moyen (de gérer ce conflit, ndlr) c'est d'adresser très fermement à la Turquie des choix à faire. Ces choix sont: rejoignez complètement la coalition, fermez votre frontière et laissez-nous avec vous contrôler cette frontière".

Lors d'un point de presse, organisé ce mercredi à l'intention des journalistes russes et étrangers, le ministère russe de la Défense a indiqué, images satellite à l'appui, que la Turquie était le principal consommateur du pétrole volé par Daech en Syrie et en Irak. Selon les informations recueillies, le président turc Erdogan et sa famille sont impliqués dans le système de trafic de pétrole volé par l'EI en Syrie. La Russie a produit des preuves que la Turquie était le point d'arrivée du pétrole syrien provenant des gisements contrôlés par l'EI.

Dossier:
L'Etat islamique (2014) (1131)

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Tags:
trafic, lutte antiterroriste, terrorisme, pétrole, djihadisme, Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Etat islamique, Dominique Trinquand, Turquie, Syrie, France, Russie
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