International
URL courte
671441
S'abonner

De nombreux Turcs estiment que leur pays achète du pétrole à l'Etat islamique.

Le 2 décembre, le journaliste islamiste turc Abdurrahman Dilipak a posté sur son compte Twitter un sondage sur le thème: "Qui achète le pétrole de Daech?". Trois réponses étaient proposées: la Turquie d'Erdogan, la Russie de Poutine et la Syrie d'Assad.

Les résultats ont été inattendus pour M. Dilipak. Le sondage a réuni en une heure près de 18.000 personnes: 78% d'entre elles ont cité la Turquie d'Erdogan, 12% la Russie de Poutine et 10% la Syrie d'Assad.

Après s'être aperçu que les résultats étaient défavorables au président turc, M. Dilipak a supprimé son tweet.

Or, l'ambassade de Russie en Turquie avait eu le temps de faire une capture d'écran et de la publier sur son compte officiel.

​"En voilà un sondage curieux! Les résultats ont été recueillis en une heure…", a indiqué la mission diplomatique russe.

Abdurrahman Dilipak a répondu en accusant le Parti de la justice et du développement (au pouvoir en Turquie) de "fournit une information insuffisante à la population du pays au sujet de l'achat de pétrole à Daech".

Observateur du journal islamiste Yeni Akit, M. Dilipak est connu pour ses nombreux propos virulents contre le fondateur de la République turque Mustafa Kemal Atatürk. Le jour du 77e anniversaire de la mort de ce dernier (le 10 novembre), il a publié un article intitulé "La tyrannie a pris fin en 1938" (année de la mort d'Atatürk, ndlr), ce qui a provoqué une vague d'indignation dans le pays.

Raffinerie des terroristes en Syrie
© Photo / Ministère russe de la Défense
Le journaliste est également connu pour ses relations étroites avec le président Erdogan. Partisan de l'islamisme radical, il prône le rétablissement du califat aboli par Kemal Atatürk et souhaite voir Erdogan accéder à la dignité de calife et ouvrir au palais présidentiel "des représentations de tous les pays musulmans".

Le ministère russe de la Défense a présenté mercredi aux journalistes des données de reconnaissance, y compris des photos, attestant que les proches de Recep Tayyip Erdogan étaient impliqués dans le commerce illicite de pétrole avec le groupe terroriste Etat islamique en Syrie. Le président de la commission de la défense et de la sécurité du sénat russe, Viktor Ozerov, a plus tard fait savoir que le ministère de la Défense disposait d'autres documents et qu'il était prêt à les publier si les informations présentées mercredi étaient insuffisantes.

Le président Erdogan a déclaré qu'il démissionnerait si l'on prouvait que la Turquie achetait du pétrole aux terroristes.

Lire aussi:

Où va le pétrole de Daech?
Pétrole, Turquie, Daech: un rebelle modéré vide son sac
Trafic de pétrole avec l'EI: le Pentagone dément l'implication de la Turquie
Une «violente altercation» éclate entre deux avocats lors du procès Sarkozy, l’audience suspendue
Tags:
commerce, pétrole, sondage, Parti de la justice et du développement (AKP) turc, Etat islamique, Viktor Ozerov, Recep Tayyip Erdogan, Vladimir Poutine, Turquie, Russie
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook