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    L'Otan se méfie d'Erdogan

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    Selon le politologue américain Steven Cohen, on pouvait s'attendre à ce qu'un avion militaire russe soit abattu au-dessus du territoire syrien et non turc – probablement sur décision personnelle du président turc Recep Tayyip Erdogan.

    Aujourd'hui, les États-Unis exposent la Russie à des attaques alors même qu'ils ont cruellement besoin de former une coalition avec elle contre l'État islamique, analyse le politologue et historien Steven Cohen dans l'émission de John Batchelor.

    Selon l'expert, cela transparaît dans plusieurs événements récents tels que "la décision incompréhensible" de l'Otan d'accepter le Monténégro au sein de l'Alliance ou "les relations tendues entre la Russie et la Turquie".

    Cohen note que les récents attentats de Paris ont prouvé la nécessité de s'unir contre Daech, mais "qu'en général l'Occident comprend ce genre de choses trop tard". L'analyste pense que même après la tragédie parisienne, ceux qui s'opposent à une coalition avec la Russie ne comprennent pas "à quel point les enjeux sont importants".

    "Ils ont doublé la mise contre la Russie malgré les agissements de Daech", souligne Cohen.

    Le politologue se souvient du récent discours de Barack Obama consacré à la lutte contre le terrorisme islamique: selon lui, le président américain a omis de dire que l'opération de l'aviation russe en Syrie avait été plus bénéfique dans la lutte contre Daech que la longue campagne aérienne des États-Unis, rapporte RIA Novosti.

    "L'opération russe en Syrie a stupéfait le Pentagone, estime Cohen. Les USA ne croyaient pas la Russie capable de faire ça. Moscou, aujourd'hui, ne défend pas simplement ses intérêts nationaux en Syrie mais montre également au monde entier que le pays est à nouveau dans les rangs". "Telle est la nouvelle réalité", estime le politologue.

    Au cours de l'émission, Cohen a également commenté les récents événements en Ukraine — en particulier la visite à Kiev du vice-président américain Joe Biden et la décision du Fonds monétaire international (FMI) d'accorder des crédits au pays même s'il ne remboursait pas sa dette extérieure envers la Russie.

    "Par cette décision, le FMI bafoue ses propres règles", estime-t-il. De plus, le politologue qualifie cette démarche d'"acte de politique étrangère" de Washington — qui contrôle de facto le Fonds.

    Il rappelle que conformément à la loi, l'Ukraine doit encore rembourser à la Russie une dette de 3 milliards de dollars avant le 20 décembre. "Kiev pourrait remplir cet engagement avec l'argent du FMI mais refuse de le faire, c'est pourquoi il faut s'attendre à une nouvelle escalade du conflit dans le Donbass provoquée par Kiev", pense l'expert.

    Selon lui, l'Ukraine dira "nous ne rembourserons pas notre dette car ils nous attaquent de nouveau", pendant que Washington et le FMI répondront "nous comprenons".

    Sur l'intervention de Biden à Kiev, où le vice-président américain a appelé à "éradiquer la tumeur de la corruption" en Ukraine, Cohen a rappelé que son fils, Hunter Biden, était personnellement impliqué dans des schémas de corruption, comme le révélait la veille le New York Times.

    "Le crédit que l'on aurait pu accorder aux appels anti-corruption de Biden a été effacé par le lien de son fils, Hunter Biden, avec l'une des plus grandes compagnies gazières Burisma Holdings et son propriétaire Nikolaï Zlotchevski", écrit le journal.

    Il semble que Biden mène sa propre politique étrangère, tout comme le sénateur américain John McCain et certains autres représentants américains, "ce qui est une catastrophe, d'après Cohen, qui ne répond ni aux intérêts nationaux américains ni à ceux de l'Ukraine".

    "Obama est président et s'il ne comprend pas ce qui se passe, il doit démissionner. S'il comprend — il doit intervenir", résume l'analyste.

    Pendant l'émission, Cohen a également parlé de la nécessité de créer une commission au format Obama-Poutine afin qu'ils puissent tous les deux évoquer dans "une même salle" les questions de sécurité nationale de leur pays et les problèmes de la communauté internationale.

    Le président russe a suggéré plusieurs fois des mécanismes de ce genre et, après les attentats de Paris, Obama a eu plusieurs opportunités d'aller dans son sens. Mais dans ses déclarations le président américain a continué d'exposer la Russie aux attaques, note le politologue.

    Steven Cohen et John Batchelor ont ensuite analysé le conflit entre la Russie et la Turquie. Selon Cohen, on pouvait s'attendre à ce qu'un avion militaire russe soit abattu au-dessus du territoire syrien et non turc — probablement sur décision personnelle du président turc Recep Tayyip Erdogan. Le politologue explique cette décision par l'affaiblissement des positions d'Erdogan. En particulier, les chances de renverser le président syrien Bachar al-Assad se sont considérablement réduites depuis le début de l'opération de l'aviation russe en Syrie, d'autant plus que l'Europe a commencé à pencher du côté de Moscou après les attentats de Paris. C'est pourquoi Erdogan a décidé qu'en provoquant une confrontation avec la Russie, l'Otan se rangerait certainement du côté d'Ankara.

    Cependant, l'Alliance percé à jour ce plan et n'a pas voulu parler d'un éventuel recours à l'article concernant la défense collective des pays de l'Otan. D'après Cohen, cela montre que Washington et Bruxelles "sont irrités par le comportement d'Ankara" et ont conscience du "danger" cque la Turquie représente pour l'Otan.

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    Tags:
    OTAN, Etat islamique, Recep Tayyip Erdogan, Turquie, États-Unis
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