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Le président turc Recep Tayyip Erdogan entreprend une nouvelle tentative de réconciliation avec Moscou. Appelant à ranimer une coopération stratégique réussie durant ces dernières 10 années, il insiste sur la culpabilité des pilotes, les relations entre les deux pays ne devant pas souffrir à cause de leur "inattention".

Aspirant pour une énième fois à baisser la tension dans les relations russo-turques après l'incident du Su-24, M. Erdogan a décidé cette fois-ci de rejeter la faute sur les pilotes russes, rapporte Hürriyet Daily News.

"Nous n'avons pas voulu nous retrouver dans une situation pareille, pourtant, une erreur s'est produite sur notre territoire souverain. Qui a commis cette faute? Ce n'est pas le chef, bien entendu. Ce sont les pilotes qui ont été inattentifs et n'ont pas entendu nos avertissements", a déclaré le président turc.

Ankara affirme toujours qu'en dix minutes son F-16 a pu avertir l'avion russe sur la violation de l'espace aérien turc, tandis que Moscou insiste sur le fait que non seulement les avertissements n'ont pas eu lieu mais les aéronefs russes n'ont jamais violé l'espace aérien turc.

De surcroît, le pilote survivant du Su-24 a exclu toute violation de l’espace aérien turc, car selon lui, l'équipage de l'avion connaissait "comme les doigts de sa main" la zone où l'incident a eu lieu.

En outre, le pilote a indiqué qu'il n'y avait eu aucune mise en garde de la part de la Turquie, ni visuellement, ni à la radio.

Pourtant, le président turc a de nouveau souligné que les pilotes turcs qui ont abattu l'avion russe n'ont fait que remplir leurs obligations conformément aux règles existantes. M. Erdogan a également déploré l’état lamentable des relations russo-turques.

"L'incident ayant eu lieu à cause de la faute du pilote qui n'a pas entendu les avertissements ne doit pas influencer les relations des deux pays, surtout les relations stratégiques. Les conséquences de cet incident sur les relations bilatérales nous chagrinent vraiment", a-t-il fait remarquer.

Essayant de trouver une approche envers Moscou, le président a mené des négociations avec des chefs d’Etats qui ont une frontière commune avec la Russie ou qui entretiennent des relations étroites avec Moscou. Ainsi, il vient de retourner au Turkménistan où il a rencontré des responsables régionaux coopérant aussi bien avec Ankara qu'avec Moscou lors d'une conférence internationale.

"Nous ne voulons pas de tensions. Nous voulons continuer notre coopération stratégique avec la Russie dans le même sens qu'autrefois. Nous avons collaboré avec succès durant ces 10 ou 11 dernières années. Nous voulons continuer (cette coopération, ndlr) dans l'avenir", a souligné le président turc.

Les relations entre Moscou et Ankara traversent une mauvaise passe après l'épisode de l'avion russe Su-24 impliqué dans la campagne anti-Daech en Syrie abattu le 24 novembre par un chasseur turc F-16. Selon Ankara, l'avion russe a violé l'espace aérien turc. Moscou dément ces rapports tout en soulignant que son bombardier ne présentait aucune menace pour la Turquie et se trouvait en territoire syrien.

Cette attaque a été qualifiée de "coup dans le dos" par le président russe Vladimir Poutine. La Russie a adopté en riposte une série de mesures, notamment économiques, à l'égard de la Turquie


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Tags:
coopération, avions, F-16 Fighting Falcon, Su-24, Etat islamique, Vladimir Poutine, Recep Tayyip Erdogan, Turkménistan, Turquie, Russie
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