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    La crise migratoire met en danger le Schengen et risque de diviser l'Europe

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    Réunis à Bruxelles, les dirigeants européens se pencheront jeudi et vendredi sur la crise des migrants et la lutte contre le terrorisme.

    Le président du Conseil européen Donald Tusk entend diviser les débats sur la crise des migrants et la lutte contre le terrorisme malgré les craintes d'une pénétration en Europe d'extrémistes qui pourraient se mêler aux réfugiés et profiter de la libre circulation au sein de l'espace Schengen. 

    On sait qu'au moins deux des auteurs des attentats du 13 novembre à Paris qui ont coûté la vie à 130 personnes s'étaient infiltrés en Europe au sein d'une foule de migrants arrivés sur des îles grecques non loin de la Turquie. 

    Quoi qu'il en soit, les dirigeants européens ne veulent pas du tout passer pour des nationalistes affirmant que les frontières ouvertes de l'Europe exposent les Européens au danger d'attaques terroristes. C'est justement l'affirmation de tous les partis populistes, notamment du Front national (FN) en France.

    Par ailleurs, les problèmes des migrants et du terrorisme seront examinés séparément parce que bien des demandeurs d'asile en Europe ont souffert eux-mêmes des excès de groupes terroristes, tels que l'Etat islamiques (EI, Daech) ou le Taliban, selon le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. 

    "Notre objectif est explicite. Nous devons rétablir la gestion de nos frontières extérieures afin de contrôler l'afflux de migrants et sauvegarder l'espace Schengen", lit-on dans le massage de M.Tusk adressé aux participants du sommet européen.

    M.Juncker a pour sa part souligné que les Européens avaient désormais "une frontière" et "devaient partager la responsabilité de sa garde". 

    "Nous voulons protéger tout ce que le Schengen représente et permettez-moi de vous dire que nous nous y sommes réunis pour sauvegarder le Schengen", a-t-il déclaré, en s'adressant au Parlement européen.  

    En perspective, tous les résidents de l'Union européenne devront passer le contrôle des passeports comme les citoyens des pays ne faisant pas partie de l'espace Schengen. 

    La guerre en Syrie a augmenté en flèche le flot de migrants vers l'Europe. En outre, les frappes aériennes portées par la coalition conduite par les Etats-Unis sur les positions des djihadistes de l'EI, ainsi que les bombardements des sites terroristes dans ce pays par l'aviation russe risquent d'augmenter encore le nombre de réfugiés. 

    Dans le contexte d'une crise migratoire sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale que l'Europe subit cette année, Bruxelles pense à se doter d’une nouvelle agence de contrôle des frontières de l’espace Schengen.  

    Si la création de cette nouvelle agence est entérinée par les Etats membres de l'UE, celle-ci remplacera l'agence actuelle, Frontex, et disposera de prérogatives élargies, parmi lesquelles l'entretien d'une force de réaction rapidement mobilisable, composée de 1.500 hommes. 

    Ce nouvel organisme comporterait également un département chargé d'accélérer les expulsions des migrants qui ne remplissent pas les conditions pour obtenir l'asile. 

    Il s'agit, somme toute, de gérer les frontières extérieures, pour accroître les renvois de migrants en situation irrégulière, pour permettre à la politique d'asile européenne de fonctionner correctement et pour renforcer les contrôles sur les frontières extérieures de l'Europe. 

    Une telle agence pourrait agir même sans la demande d'une partie intéressée, si les autres pays membres de l'UE estimaient qu'une telle assistance était nécessaire. Cela a déjà suscité les craintes de la Pologne, supposant qu'une telle ingérence pourrait menacer la souveraineté nationale du pays en question. Un nouveau risque de la division de l'Europe!

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    Tags:
    réfugiés, migrants, Frontex (agence européenne pour la surveillance des frontières), Union européenne (UE), Taliban, Etat islamique, Donald Tusk, Jean-Claude Juncker, Espace Schengen, Turquie, Paris, Europe
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