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    Damas, le 25 mars 2015

    Règlement pacifique en Syrie: une voie pleine d'embûches

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    Situation en Syrie (2014) (607)
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    Même s'il donne l'espoir que le conflit syrien sera enfin réglé, le plan de paix adopté vendredi par le Conseil de sécurité de l'Onu comporte une multitude d'écueils.

    Bien que le Conseil de sécurité ait adopté un plan de règlement pacifique du conflit syrien, il existe de nombreux obstacles susceptibles de faire échouer ce projet, estiment les journalistes du New York Times David Sanger et Somini Sengupta.

    Premièrement, il n'est pas tout à fait clair si le cessez-le-feu sera respecté par toutes les parties impliquées dans le conflit syrien. Il convient de noter que certaines dispositions du cessez-le-feu prévoient des transferts de populations compte tenu de leur appartenance religieuse. Cette mesure a pour but de prévenir des discordes confessionnelles en créant des zone d'habitation distinctes pour les chiites et les sunnites.

    Deuxièmement, qui supervisera le cessez-le-feu? Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, doit soumettre, d'ici un mois, des scénarios d'observation possibles au Conseil de sécurité. Selon le journal, l'idée d'envoyer dans la région un contingent américain de "casques bleus" semble impossible en raison de l'absence de lignes de désengagement nettement définies. Déployer des soldats de la paix dans ces conditions signifierait en faire des cibles d'attaques.

    Certes, on pourrait utiliser des drones d'observation, mais il n'est pas pour le moment clair si cette option sera retenue, souligne le New York Times.

    Troisièmement, quelles sont les forces qui se battront au sol contre le groupe terroriste Etat islamique (Daech)? Pour le moment, aucun dirigeant mondial n'a exprimé le désir d'envoyer des troupes terrestres pour combattre Daech ou le Front al-Nosra, filiale d'Al Qaïda. Le président Barack Obama a fait savoir à cette occasion qu'une intervention des Etats-Unis coûterait une centaine de vies d'Américains chaque mois.

    "Ceci constitue une lacune dans le plan. Tout le monde reconnaît qu'il est impossible de vaincre les terroristes à l'aide des seules frappes aériennes, mais personne ne peut dire qui fera partie de la force terrestre", a déclaré un responsable militaire américain cité par le journal.

    Quatrièmement, il n'est pas clair comment convaincre les opposants syriens de se battre contre Daech sans leur garantir le départ de Bachar el-Assad. Il faut également tenir compte de l'attitude hostile de la Turquie et de l'Arabie saoudite envers le président syrien.

    Cinquièmement, on se demande qui acceptera de négocier avec le gouvernement de Damas. Les groupes d'opposition réunis mi-décembre par l'Arabie saoudite sont bel et bien des formations armées sunnites, allant d'extrémistes religieux à des partisans de la gouvernance laïque. Sauront-ils conclure un accord avec les supporters politiques d'Assad? Personne ne le sait.

    Sixièmement, nul ne sait non plus si la Syrie continuera d'exister en tant qu'Etat unitaire. Les responsables américains, européens et russes craignent qu'un Etat faible, divisé sur le plan religieux et ouvert aux influences terroristes n'apparaisse à la place de la Syrie actuelle au bout de deux ans d'application du plan de paix de l'Onu. Certains affirment même que les discordes entre sunnites et chiites finiront par provoquer une désintégration du pays.

    Enfin, nous ignorons quel rôle jouera l'Iran compte tenu de son soutien inconditionnel au gouvernement d'Assad, conclut le New York Times.

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    plan de paix, NYT, Conseil de sécurité de l'Onu, Etat islamique, Bachar el-Assad, Barack Obama, Europe, Syrie, États-Unis, Russie
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