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    Destructions à Kobané

    Ankara entrave le redressement de Kobané

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    Les travaux de redressement de la ville de Kobané, fortement détruite lors des combats contre les djihadistes, se déroulent sur plusieurs axes. Cependant, ils se heurtent à de nombreux obstacles de la part de la Turquie.

    Dans une entrevue accordée à Sputnik Kurdistan, Halid Berkel, vice-premier ministre du canton kurde de Kobané en Syrie et membre de la commission de redressement de Kobané, précise que dans la ville reprise définitivement à Daech le 26 janvier 2014, il faut reconstruire pratiquement tout: routes, maisons d'habitation, bâtiments publics.

    "Le redressement de Kobané est un chantier historique. Au cours de la période pendant laquelle la ville se trouvait sous le contrôle des barbares de Daech, elle a été pratiquement rasée. Depuis plusieurs mois, nous travaillons pour lui redonner vie. Et nous remercions tous ceux qui ne ménagent pas leurs efforts pour le redressement de Kobané", dit M. Berkel.

    Ce processus était au cœur de deux conférences spéciales organisées à Bruxelles et Diyarbakir. Malheureusement les décisions importantes adoptées par ces conférences n'ont pas été réalisées. Halid Berkel estime cependant que, tôt ou tard, elles seront appliquées.

    A l'heure actuelle, les autorités s'occupent de la reconstruction des maisons d'habitation détruites pendant le siège de Kobané, bien que leurs moyens soient insuffisants pour redresser entièrement l'infrastructure et rétablir la vie normale.

    Ainsi, la ville éprouve une forte pénurie de ciment, dont les livraisons sont entravées par la Turquie et le Kurdistan irakien. Halid Berkel a déclaré à ce propos:

    "Nous considérons cela comme une position hostile à notre égard. Nous appelons la communauté internationale, les milieux d'affaires et les organisations sociales à faire pression sur la Turquie et à nous aider à organiser les fournitures de ciment vers le canton de Kobané, sans quoi il sera impossible de reconstruire la ville. Il est nécessaire que l'embargo sur les fournitures vers Kobané soit levé".

    Ainsi, le gouvernement de Massoud Barzani du Kurdistan irakien interdit l'importation à Kobané du ciment, du sucre et d'autres produits par le poste frontière de Semelka.

    A l'époque, Kobané possédait sa propre cimenterie, mais elle a été détruite par les terroristes de Daech. Aussi, des livraisons régulières de ciment permettraient-elles de faire tourner à plein le processus de reconstruction.

    Halid Berkel a ajouté que les habitants qui avaient fui les attaques des djihadistes revenaient dans la ville. 200.000 personnes environ sont rentrées. Les habitants tâchent d'aménager eux-mêmes leur logement et de mettre en place des conditions de vie décentes à l'approche de l'hiver.

     

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    Tags:
    Etat islamique, Bruxelles, Kobané, Turquie
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