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    Parti pirates islandais

    A l’abordage! Les "Pirates" débarquent en Islande

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    En Islande, d’après des sondages le Parti Pirate pourrait gagner les prochaines élections législatives, annonce l’agence de presse Bloomberg.

    Il ne reste qu'un peu plus d'un an avant les élections législatives en Islande, et les sondages d'opinions montrent que le Parti Pirate fait la course en tête, a rapporté Blooomberg citant l'institut de sondages Gallup.

    D'après les résultats présentés par Gallup, le 2 janvier 2016, la majorité de la population islandaise soutenait "les pirates", en leur accordant 33,1% des voix. La deuxième et la troisième places revenaient au Parti de l'indépendance (25,2% des voix) et au Parti du progrès" (12% des voix), chacun à ce moment-là obtiendrait 19 sièges au parlement islandais.

    Des journaux Charlie Hebdo
    © East News. AP Photo/Michel Spingler

    Si ces estimations se concrétisent dans les urnes, le Parti Pirate aurait plus d'un tiers de tous les sièges au parlement et deviendrait la plus grande force politique en Islande, battant ainsi les centristes qui détiennent traditionnellement la primauté parlementaire.

    Selon l'agence, le succès "des pirates" dans les élections législatives pourrait avoir un "effet révolutionnaire" sur le pays, qui vient de se stabiliser après l'effondrement des grandes banques en 2008.

    Dans leur programme, "les pirates" s'attachent à réformer le droit de la propriété intellectuelle, comme les copyrights, les brevets et la protection des œuvres. En outre, le Parti Pirate prône la démocratie directe, la liberté d'information et de la vie privée ainsi que la réduction de la semaine de travail à 35 heures.

    Toutefois, il semble que le premier ministre du pays, Sigmundur Gunnlaugsson, n'en soit pas trop préoccupé.

    Lors d'un entretien dans son bureau à Reykjavik où il lui a été demandé comment il réagirait à une victoire "des pirates", le premier ministre a répondu:

    "Si cela se produit, j'irai me cacher jusqu'aux prochaines élections… Je plaisante".

    En outre, M. Gunnlaugsson a noté la tendance à la popularité croissante des mouvements antisystèmes dans le monde occidental, en évoquant notamment le parti espagnol Podemos et le Front national français, Donald Trump était également sur sa liste.

    Ce qui est singulier à l'Islande est son niveau élevé de méfiance à l'égard des politiciens traditionnels et des banques, à la suite de la crise financière de 2008.

    En France, le Parti Pirate n'a pas une telle popularité. Lors des élections régionales de 2015 pour recueillir au moins quelques pourcents des voix le Parti Pirate français s'est allié avec d'autres mouvements antisystèmes et était présent dans deux régions seulement, en Île-de-France et en Pays de la Loire. Néanmoins, "les pirates" ont un conseiller municipal à Portes-lès-Valence, Freddy Vasseur, qui avait remporté son siège en mars 2014.

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    © AFP 2019 Haraldur Guðjónsson

    En Russie, le Parti Pirate ne peut se vanter d'aucun succès. Il ne peut même pas s'enregistrer officiellement car pour créer un parti politique en Russie, il faut 500 membres et être présent dans au moins la moitié des sujets fédéraux. En 2014, le ministère russe de la Justice avait déclaré que "Le Parti Pirate de la Russie" ne pourrait s'enregistrer que s'il change son nom, car la piraterie, conformément à la loi russe, est définie comme "une attaque sur un navire ou un bateau-mouche" et est une infraction pénale.

    Le but principal des partis pirates à travers le monde est de réformer la législation sur les droits d'auteur et les brevets. Le premier parti pirate avait été créé le 1er janvier 2006 en Suède. Il a ensuite conquis plus de 60 pays.

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    Tags:
    droits d'auteur, élections législatives, piratage, sondage, Bloomberg, Sigmundur David Gunnlaugsson, Reykjavik, Islande, Europe, Paris, France, Russie
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