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    Le président du Parti radical serbe Vojislav Šešelj

    Bientôt condamné, Vojislav Šešelj rêve toujours d'"améliorer" la Serbie

    © AFP 2019 ANDREJ ISAKOVIC
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    Alors que le président du Parti radical serbe Vojislav Šešelj attend toujours un arrêt du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), il parle sans gêne des crimes de guerre dont il est accusé, ainsi que des idées clés de sa campagne préélectorale, de la coopération avec la Russie et de la crise migratoire.

    Le dirigeant du Parti radical serbe pourrait être privé de l'opportunité de participer aux législatives en Serbie si le TPIY réclame prochainement son retour à La Haye. Pour autant, M.Seselj lui-même ne le craint point et n'hésite pas à faire des projets.

    La Haye, selon lui, ne réussit pas à retrouver les preuves de ses crimes de guerre et c'est pourquoi échoue à prononcer une sentence à son encontre. Mais si la sentence survenait en plein milieu de sa campagne?

    La campagne entamée, M.Seselj doute que la décision du TPIY puisse y nuire grandement. On ne sait pas encore si le premier ministre Aleksandar Vucic va l'extrader, mais ce premier annonce ne pas vouloir fuir la justice.

    "Je ne vais pas m'enfuir ou me cacher. Mais s'ils viennent, ils devront me porter à l'aéroport, et ainsi le spectacle sera bien pittoresque".

    Malgré la sentence menaçante, les projets de Vojislav Seselj sont ambitieux. Le Parti radical serbe entend transformer sa campagne préélectorale en une sorte de référendum sur l'adhésion à l'Union européenne ou sur l'intensification de la coopération Serbie-Russie. En cela, il ne crée pas une coalition préélectorale, et peut même soutenir le premier ministre actuel, mais à condition, notamment qu'il renonce à sa volonté d'intégrer l'UE.

    "Nous n'allons pas nous intégrer à une coalition de partis prooccidentaux. Ce que nous proposons à Vucic depuis déjà un an et deux mois, c'est de renoncer à l'idée de rejoindre l'UE et de se tourner vers la Russie. Dans ce cas, nous aurions pu soutenir son gouvernement", affirme le dirigeant du Parti radical dans un entretien à Sputnik.

    Ensuite, face à l'afflux de migrants, les portes de la Serbie sont grandes ouvertes à ces gens en quête d'asile ainsi que d'un avenir meilleur, ce qui n'est pas la meilleure solution, estime-t-il.

    "La Serbie a ses portes grandes ouvertes aux migrants, trop grandes, et cela devient un vrai risque pour le pays. Et il existe un risque que l'UE exige que nous accueillions 100.000 ou 200.000 migrants, ça pourrait infliger de sérieux problèmes à la Serbie. Je n'ai rien contre l'aide apportée aux femmes et aux enfants. Mais ici il y a un grand nombre de Syriens capables de combattre, nous les restituerons à Bachar el-Assad pour qu'ils défendent leur propre pays. D'ailleurs, il y a beaucoup d'Afghans en Serbie et des Irakiens qui fuient leur pays car les Américains ont déclenché une guerre civile".

    En général, où apparaissent les Américains avec leur concept de "printemps arabe", les territoires sont plongés dans un bain de sang, explique M.Seselj. Ils veulent établir la démocratie à l'occidentale, ce qui est impossible dans le monde arabe.

    S'ils souhaitent vraiment défendre les droits de l'homme et la démocratie, ils pourraient bien commencer par l'Arabie saoudite, le plus sombre pays du monde, conclut-il.

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    Tags:
    entretien, élections législatives, crise migratoire, Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), Aleksandar Vucic, Vojislav Seselj, La Haye, Serbie
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