International
URL courte
121833
S'abonner

A voir combien le président turc Recep Tayyip Erdogan aspire au pouvoir illimité et à quel niveau s'est hissée sa hantise du complot au sein de son propre parti, sa récente mention à Hitler est sûrement un "lapsus révélateur", écrit Spectator.

Recep Tayyip Erdogan
© AP Photo / Emrah Gurel
Selon l'hebdomadaire américain, la Turquie ressemble de plus en plus à un État paranoïaque. Pour s'en convaincre, il suffit de voir le sort réservé à ceux qui dévoilent la vérité sur les échecs et les crimes du gouvernement, écrit l'hebdomadaire américain Spectator.

Ainsi l'auteur de l'article John Butler estime que le président turc Recep Tayyip Erdogan "souffre d'une forme de mégalomanie" et aspire ouvertement au pouvoir illimité.

"Il est névrotique quand il s'agit de menaces à son gouvernement et il devient de plus en plus paranoïaque — il est hanté par l'idée d'une trahison au sein de son propre parti", écrit l'auteur.

L'expert liste certains cas de pression ouverte d'Ankara contre des citoyens indignés par ses actes, notamment l'affaire de deux journalistes du journal Cumhuriyet qui risquent la prison à perpétuité pour espionnage.

Le rédacteur en chef du journal Can Dündar et son collègue Erdem Gül ont été arrêtés après la publication d'un article sur les livraisons secrètes d'armes aux djihadistes syriens par les services secrets turcs.

L'analyste rappelle aussi que récemment, une femme a réussi à passer à l'antenne par téléphone pendant une émission populaire en Turquie: elle s'est présentée comme une enseignante et a parlé des horribles violences subies dans les régions à majorité kurde au sud du pays. "S'il vous plaît, ne laissez pas les gens mourir, ne laissez pas les enfants mourir, ne laissez pas les mères souffrir", a-t-elle imploré.

D'après Spectator, le jour suivant, sous la pression du gouvernement, la chaîne a dû présenter ses excuses pour cet appel à l'aide, et l'émission en question risque de mettre la clé sous la porte.

L'auteur de l'article pense que le régime d'Erdogan "cache sciemment la vérité sur sa lutte contre les Kurdes".

Une nouvelle étape du conflit entre le gouvernement et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a été franchie en juillet 2015 après plusieurs années de négociations pacifiques. Selon l'organisation Human Rights Foundation, depuis cette date 1,37 million de personnes doivent vivre en état de couvre-feu permanent et au cours des cinq derniers mois de confrontation contre les Kurdes, 162 civils ont été tués.

Butler souligne que les autorités du pays considèrent les Kurdes comme des terroristes alors même qu'elles sont tolérantes envers les "vrais terroristes" de Daech.

"Le gouvernement arrête tout homme politique kurde ou compatissant avec les Kurdes pour "apologie du terrorisme", mais reste étonnamment tolérant envers les vrais islamistes radicaux", continue l'auteur.

Spectator rappelle également la récente déclaration scandaleuse d'Erdogan, qui avait qualifié l'Allemagne hitlérienne de "modèle de régime présidentiel efficace". "Peut-être que sa récente mention à Hitler n'était qu'un lapsus révélateur pour Erdogan", conclut John Butler.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

Lire aussi:

Les journalistes turcs racontent leur détention
Académiciens turcs vs Erdogan
Erdogan saisit la justice contre un dirigeant de l'opposition turque
L'identité de l'auteur de l'attaque à Notre-Dame de Nice établie
Tags:
journalisme, djihadisme, Kurdes, Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Recep Tayyip Erdogan, Turquie
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook