Ecoutez Radio Sputnik
    Le retour des chiens de guerre

    Mercenaires: le retour des "chiens de guerre"

    © Flickr/ Expert Infantry
    International
    URL courte
    17859

    L'organisation caritative britannique War on Want a publié mercredi un rapport intitulé "Mercenaires déchaînés: nouveau monde des entreprises militaires et de sécurité privées".

    Ce document fait état du renforcement de la présence de mercenaires dans les zones de conflit en Afrique et au Proche-Orient. Selon le rapport, ce secteur d'activité, dominé par des sociétés britanniques, gagne des milliards de dollars sur les guerres menées à travers le monde depuis l'invasion de l'Irak par les Etats-Unis et leurs alliés.

    L'agence Sputnik a demandé au directeur exécutif de War on Want, John Hilary, de commenter les conclusions du rapport.

    "Des sociétés militaires privées se sont livrées aux pires excès en Irak et en Afghanistan, violant les droits de l'homme et laissant des ruines sur leur parcours. A l'heure actuelle, nous constatons une croissance inquiétante du nombre de mercenaires participant aux conflits qui se déroulent dans le monde entier. C'est le retour des Chiens de guerre", a déclaré M. Hilary.

    Selon lui, "ce monde obscur des mercenaires a trop longtemps échappé à tout contrôle".

    "Le gouvernement (britannique) a commis une erreur grossière en laissant cette industrie se réguler d'elle-même. Un contrôle rigoureux est la seule mesure qui convienne en l'occurrence. Le temps est venu d'interdire la présence de ces entreprises dans les zones de conflits et d'en finir à jamais avec la privatisation de la guerre", a indiqué l'interlocuteur de l'agence.

    Selon le rapport "le Royaume-Uni représente un centre important pour les entreprises militaires et de sécurité privées (EMSP)".

    "Environ 60 sociétés britanniques de ce genre opéraient en Irak au plus fort de l'invasion de ce pays. A l'heure actuelle, on en compte une centaine dans différentes zones de conflits à travers le monde", constate le document.

    "Au cœur de cette industrie, on trouve une «porte tambour» reliant les EMPS aux forces armées, aux services de renseignement et aux milieux d'affaires dont les intérêts sont mutuellement liés", souligne War on Want.

    D'après cette organisation caritative, les missions de sécurité remplies au profit des groupes pétroliers et gaziers, dont BP, Royal Dutch Shell, ExxonMobil et d'autres, constituent le plus grand marché pour les EMPS en Irak. Des sociétés comme Aegis Defence Services considèrent ce pays comme leur zone d'activité principale.

    Il en va de même pour la Libye, devenue une destination privilégiée pour les mercenaires depuis le renversement de Mouammar Kadhafi. Les multinationales étant intéressées par le pétrole et le gaz libyens, les EMPS s'empressent de leur "faciliter le retour dans ce pays".

    "Etes-vous prêts à revenir en Libye vous et votre entreprise?", a demandé la société militaire britannique Trango quelques jours après la mort de Kadhafi. Cette question a été posée dans le cadre d'une campagne publicitaire orchestrée par Trango sur son site internet.

    Des mercenaires sud-africains se battent au sein de l'armée nigériane contre le groupe islamiste Boko Haram. La tristement célèbre société militaire Blackwater (actuellement connue sous le nom d’Academi) compte des centaines de Colombiens dans ses rangs.

    "Les "chiens de guerre" viennent de partout, conclut le rapport de War on Want.

    Lire aussi:

    Sociétés militaires privées: une menace pour la Russie (doctrine militaire)
    Ukraine: des sociétés militaires privées impliquées (état-major russe)
    Ukraine: le parlement autorise le recours aux mercenaires étrangers
    Tags:
    mercenaires, ExxonMobil, Royal Dutch Shell, British Petroleum (BP), War on Want, Mouammar Kadhafi, John Hilary, Proche-Orient, Afrique, Royaume-Uni
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik