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    Affrontements entre armée turque et milices kurdes à Diyarbakir. Photo prise le 3 février 2016

    Le massacre de 60 Kurdes dans une profonde indifférence médiatique

    © AFP 2019 Ilyas Akengin
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    L'Etat islamique (2014) (1131)
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    Tandis que la presse turque annonce avoir éliminé dimanche une soixantaine de membres du PKK, les Kurdes dénoncent un crime contre l'humanité et l'embargo médiatique sur le massacre qui s'est produit dans la ville de Cizre, dans la région du Kurdistan de Turquie.

    Ankara fait passer le massacre que son armée a perpétré contre une soixantaine de civils kurdes pour un combat contre des terroristes et ce dans un assourdissant silence médiatique, a annoncé dans un entretien à Sputnik Nursel Kilic, représentante des femmes kurdes en Europe.

    "Nous nous sommes réveillés avec un cauchemar, avec un massacre, avec une atrocité. Aujourd'hui, dans la ville de Cizre (…) plus de 60 (personnes, ndlr) ont été exécutées, incendiées. (Ces individus, ndlr) ont été attaqués par des armes chimiques par l'armée régulière turque et retrouvés morts dans des caves de deux différents immeubles", a-t-elle déclaré.

    Et d'ajouter que le "crime contre l'humanité, ce crime de guerre", que subit le Kurdistan restait "sous embargo médiatique international et local".

    Selon Mme Kilic, le Parti de la justice et du développement (AKP, au pouvoir en Turquie) fait passer pour des terroristes "les civils qui ont été grièvement blessés et tués et qui ont été séquestrés depuis plus de 52 jours dans ces deux caves".

    Pour elle, les autorités turques sont engagées dans une politique de criminalisation, de destruction du peuple kurde, qui veut vivre dans une démocratie et dans la liberté.

    Après le succès que les Kurdes ont enregistré dans la ville syrienne de Kobane, d'où ils ont réussi à chasser les extrémistes de Daech, le président turc Recep Tayyip Erdogan cherche à dénigrer l'image du peuple kurde, dit-elle.

    "C'est une volonté d'anéantir ce peuple, le plus ancien de la Mésopotamie", a conclu Mme Kilic.

    Dénonçant les massacres commis par l'Etat turc, le Conseil démocratique kurde en France et la Maison franco-kurde Midi-Pyrénées ont appelé à tenir un rassemblement ce lundi 8 février à Toulouse.

    Citant une source au sein des forces turques, la chaîne de télévision locale TRT a annoncé que des membres des services de sécurité avaient fait irruption dans un sous-sol où se trouvaient 70 combattants kurdes, dont 60 ont trouvé la mort dans le combat qui s'en est suivi.

    En décembre 2015, les autorités turques ont décrété un couvre-feu dans plusieurs localités kurdes du sud-est du pays, notamment dans le quartier Sur de Diyarbakir, dans les villes de Cizre et Silopi dans la province de Sirnak ainsi qu'à Nusaybin et Dargecit dans la province de Mardin.

    Des affrontements entre les forces de sécurité et les combattants du PKK se poursuivent jusqu'à présent à Sur et à Cizre.

    Selon les données officielles d'Ankara, environ 850 combattants kurdes ont été éliminés depuis le début de l'opération spéciale dans le sud-est de la Turquie. La partie kurde affirme pour sa part qu'il s'agit pour la plupart de victimes civiles.

    Créé en 1978 pour réclamer l'indépendance des territoires peuplés par des Kurdes, le Parti des travailleurs du Kurdistan est considéré par les autorités turques comme une organisation terroriste.

    Dossier:
    L'Etat islamique (2014) (1131)

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    Tags:
    massacre, armes chimiques, Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Recep Tayyip Erdogan, Cizre, Kurdistan, Turquie
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