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    Un véhicule blindé General Dynamics LAV III en Afghanistan

    Vente d’armes à l’Arabie Saoudite: Ottawa va-t-il honorer le contrat?

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    En 2014, le gouvernement conservateur de Stephen Harper a signé avec l'Arabie saoudite un contrat prévoyant une vente d'armes pour un montant de 15 milliards de dollars (13,2 milliards d’euros). Après leur accession au pouvoir deux ans plus tard, le premier ministre Justin Trudeau et son Parti libéral se sont retrouvés en charge de ce contrat.

    Selon les observateurs, l'attitude à prendre à l’égard de ce document pourrait constituer la première épreuve de courage politique pour le nouveau gouvernement canadien.

    Lors de sa campagne électorale, le Parti libéral a promis de signer le Traité sur le commerce des armes (TCA) en cas de victoire aux législatives d'octobre 2015. Ce traité adopté par l'Onu en avril 2013 vise à réglementer le commerce international d'armes en vue de promouvoir la paix et la sécurité dans le monde entier.

    Or, peu de temps après leur investiture, les Libéraux ont fait savoir que le contrat avec l'Arabie saoudite ne tomberait pas sous le coup du TCA.

    "Ce contrat d'exportation d'armements, le plus important document de ce genre jamais signé par le Canada, prévoit la livraison de véhicules blindés à un pays régulièrement classé par l'ONG Freedom House parmi les «pires des pires» en termes de respect des droits de l'homme", a écrit à cette occasion le quotidien Globe and Mail.

    Les discussions portant sur le contrat canado-saoudien ont pris une autre tournure le jour où le professeur de droit de l'Université de Montréal Daniel Turp et une douzaine de ses étudiants ont intenté une action en justice contre Ottawa auprès de la Cour suprême du Québec, rapporte le bimensuel américain CounterPunch.

    "Riyad est responsable de violations graves des droits de l'homme. Aussi est-il à craindre que les véhicules blindés fabriqués par General Dynamics ne soient utilisés pour commettre des abus contre les populations civiles de l'Arabie saoudite et de ses voisins", lit-on dans la lettre ouverte rédigée par M.Turp et ses étudiants.

    Un sondage récemment effectué par Nanos Research montre que la plupart des Canadiens sont opposés à la vente d'armes à l'Arabie saoudite. L'étude révèle que six personnes interrogées sur 10 estiment que les armes ne doivent être livrées qu'à des pays respectueux des droits de l'homme.

    Pour justifier l'intention d'Ottawa d'honorer son contrat avec Riyad, le ministre canadien des Affaires étrangères Stéphane Dion a déclaré que "la quasi-totalité des alliés du Canada vendaient des armes à l'Arabie saoudite". Le ministre a également rappelé que son pays devait honorer "les engagements qu'il avait contractés".

    Un journaliste de l'hebdomadaire canadien Maclean's a fait remarquer à cette occasion que le marché avec les Saoudiens "portait sur l'argent, l'emploi et le développement de l'industrie canadienne de l'armement".

    "Appelez-le pragmatisme ou cynisme. Ces considérations semblent parfaitement convaincantes aussi bien pour les Libéraux que pour les Conservateurs", a conclu Maclean's.

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    Traité sur le commerce des armes (TCA), contrat, ventes d'armes, Université de Montréal, ONU, Daniel Turp, Stéphane Dion, Justin Trudeau, Arabie Saoudite, Canada
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