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    Dmitri Medvedev: "Il n’y a plus d’îlots de sécurité dans le monde"

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    52e Conférence de Munich sur la sécurité (2016) (23)
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    Il n’y a plus d’endroits sécurisés dans le monde, estime le premier ministre russe Dmitri Medvedev qui, lors de la conférence de Munich, présentera à la communauté internationale la vision russe des problèmes mondiaux.

    À l'occasion de la Conférence sur la sécurité de Munich, forum annuel consacré aux questions de sécurité et de défense, le premier ministre russe Dmitri Medvedev a accordé à Sputnik une interview dans laquelle il évoque l'état actuel des relations entre la Russie et l'Occident, la crise des migrants que traverse l'Europe et la sécurité internationale.

    La Conférence de Munich est une occasion de faire connaître à la communauté internationale la vision russe des problèmes auxquels le monde d'aujourd'hui est confronté, et de proposer des démarches en vue de les résoudre, estime M. Medvedev. D'après lui, la menace terroriste est actuellement de plus en plus palpable, suite à quoi la sécurité globale est remise en question.

    "Il n'y a plus d'îlots de sécurité dans le monde, je dirais même plus, ce mot +sécurité+ est devenu plutôt une aspiration qu'une réalité. Il y a des pays où les terroristes se sont substitués à l'Etat. Leur idéologie est de réprimer les gens, leurs méthodes, ce sont les exécutions de masse et les attentats terroristes ", a affirmé M. Medvedev.

    Le premier ministre indique que la solution que proposera la Russie pour assurer la sécurité internationale et lutter contre le terrorisme prévoit tout d'abord le règlement des conflits en Syrie et en Ukraine. Le chef du gouvernement russe souligne qu'il est nécessaire d'aider le peuple syrien à reconstruire l'économie et à bâtir un Etat pacifique. Quant à l'Ukraine, seuls les accords de Minsk, que Kiev ne s'empresse d'ailleurs pas de mettre en pratique, peuvent sortir le pays de l'impasse. En outre, la résolution de la crise migratoire avec laquelle l'Europe est aux prises contribuera elle aussi à renforcer la sécurité dans le monde.

    Néanmoins, Dmitri Medvedev admet que certains de ses collègues puissent ne pas apprécier la position russe: "L'essentiel est que nous avons notre propre position. Malheureusement, nos collègues occidentaux n'arrivent pas à s'y faire, et au lieu de coopérer avec la Russie en tant que partenaire d'égal à égal ayant ses propres intérêts politiques et économiques, ils nous font passer pour +un pays de seconde zone+ ou une puissance +régionale+ dans le meilleur des cas."

    Selon M. Medvedev, la Russie prône le modèle d'un monde multipolaire, et exige que sa position soit respectée.

    "Nous n'aspirons aucunement à jouer le rôle de chef du monde entier. Nous sommes guéris de cette maladie dont nous étions atteints à la période soviétique (…). Mais la Russie veut occuper une place digne dans le système global et maintenir des relations avec les autres pays sur un pied d'égalité. (…) Aucun pays, que ce soit la Russie ou les États-Unis, n'est capable d'assumer seul le fardeau des problèmes globaux".

    Moscou reste ouvert au dialogue, et si les partenaires souhaitent discuter des relations bilatérales, il n'y a pas besoin d'attendre la tenue d'événements particuliers, explique le premier ministre russe.

    Commentant le froid qui s'est installé ces derniers temps dans les relations entre la Russie et ses partenaires de l'UE ainsi que de l'Otan, M. Medvedev a exprimé la certitude que la coopération serait rétablie. Cependant, il a rappelé que celle-ci devra être basée sur le respect mutuel des parties.

    "Nous n'avons jamais renoncé à un tel partenariat. Ce qui n'est pas tout à fait valable pour nos collègues de l'UE et de l'Otan. Ils ont réduit les contacts et ont fait passer leurs intérêts avant la cause commune qui consiste à assurer la stabilité et la sécurité, suite à quoi le monde est devenu beaucoup plus imprévisible et abrite beaucoup plus de menaces qu'il y a quelques années", poursuit-il.

    "La confrontation profite à l'Otan: il est plus facile de diaboliser la Russie et de lui imputer la responsabilité des crises en cours dans le monde que de reconnaître sa propre culpabilité ainsi que la gravité des problèmes auxquels le système de sécurité européen est confronté", a conclu le chef du gouvernement russe.

    Dans le cadre de la Conférence à Munich, Dmitri Medvedev envisage de rencontrer de nombreuses personnalités politiques dont le président finlandais Sauli Niinistö, le dirigeant slovène Borut Pahor, le premier ministre français Manuel Valls, le ministre fédéral des Affaires étrangères d'Allemagne Frank-Walter Steinmeier ainsi que d'autres représentants des milieux politiques. Évoquant les rencontres prévues avec la communauté allemande des affaires, M. Medvedev fait remarquer que malgré les difficultés politiques, cette dernière ne perdait pas son intérêt pour une coopération mutuellement avantageuse.

     

    Dossier:
    52e Conférence de Munich sur la sécurité (2016) (23)

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    Tags:
    crise syrienne, crise migratoire, coopération, relations diplomatiques, lutte antiterroriste, conflit ukrainien, sécurité, Conférence de Munich 2015, Dmitri Medvedev, Munich, Russie
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