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    Premier ministre de l'Ukraine Arseni Iatseniouk

    Foreign Policy: l’Ukraine touche le fond

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    Règlement de la situation en Ukraine (2014) (2149)
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    Le gouvernement ukrainien est incapable de procéder à des réformes, car tout remaniement du cabinet des ministres entraînerait inévitablement une perte de confiance des créditeurs occidentaux, rapporte le journal Foreign Policy.

    Les tensions dans la société ukrainienne ont atteint un point de non-retour, poursuit le journal. Selon les résultats d'un récent sondage, les démarches adoptées par le Cabinet des ministres sont mal vues par 82% des Ukrainiens, tandis que 70% des personnes interrogées critiquent la politique du président Piotr Porochenko en personne.

    L'économie du pays est au bord du gouffre, des secteurs entiers de l'industrie sont confrontés à de graves problèmes sur fond de forte dépréciation de la devise nationale. La corruption sévit dans l'administration, tandis que les citoyens assistent impuissants à l'enrichissement illicite d'hommes d'affaires corrompus affiliés aux plus hautes sphères du pouvoir. C'est un pays en pleine crise, résume le Foreign Policy, qui appelle à un "redémarrage".

    Il est déjà quasi évident que le gouvernement en place ne bénéficie plus de la confiance de son peuple. Sans réformes, la crise risque de dégénérer encore davantage, souligne le journal. Cependant, au cas où l'Ukraine se déciderait à remettre les compteurs à zéro et à procéder à élire un nouveau gouvernement, la situation actuelle ne s'améliorait sans doute pas, l'Europe étant sceptique vis-à-vis de l'efficacité de telles réformes.

    Kiev ne peut se permettre de perdre le soutien de l'Occident, d'autant plus que le Fonds monétaire internationale (FMI) se montre de plus en plus réticent à accorder de nouvelles tranches de crédit pour l'Ukraine, la situation politique dans le pays étant trop instable.

    Le soutien des partenaires occidentaux est trop important aux yeux du gouvernement de Piotr Porochenko pour qu'il s'aventure à prendre des risques éventuels. Il sera par conséquent inutile de se bercer d'illusions et de s'attendre à des réformes et au règlement de la crise tant que la société ukrainienne ne se débarrassera pas des hommes politiques corrompus et présomptueux, conclut le Foreign Policy.

    L'Ukraine est dans une situation financière catastrophique. Comme l'a résumé la ministre ukrainienne des Finances, Natalie Jaresko, quand elle a pris ses fonctions il y a un an: "Nous sommes dans une situation très difficile, avec une guerre sur une partie de notre territoire, avec 70 ans de communisme et des décennies de corruption derrière nous".

    Ces derniers mois, la situation économique du pays a encore empiré: la contraction du PIB en 2015 devrait finalement atteindre 12%, quand l'inflation frôle les 50%, plombant le portefeuille des Ukrainiens. La monnaie (la hryvnia) s'enfonce dans les abysses, renchérissant la partie de la dette publique libellée en devises étrangères, et engloutissant les réserves de change. Tout indique que la dette explose au-delà des précédentes estimations, à 95% du PIB. L'Ukraine reste privée de sa richesse industrielle à l'est du pays, les réformes tardent à se mettre en place, et si le niveau de corruption a baissé, les oligarques ont encore la main sur des pans entiers de l'économie.

    Le 18 décembre, le FMI avait mis l'Ukraine en garde contre un gel possible du programme de prêt au cas où Kiev ne tiendrait dûment pas compte de ses recommandations en adoptant le budget du pays pour 2016.

    Dossier:
    Règlement de la situation en Ukraine (2014) (2149)

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    sondage, économie, remaniement, réformes, crise en Ukraine, corruption, Occident, Europe, Ukraine
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