International
URL courte
Renforcement de la présence de l'Otan en Europe (296)
9354
S'abonner

L'ancien secrétaire général de l'Otan Javier Solana dénonce le projet visant à déployer des états-majors permanents le long des frontières russes en Europe.

Javier Solana estime que le déploiement de ces états-majors militaires en Europe de l'Est irait à l'encontre de l'Acte fondateur Otan-Russie signé en 1997.

"Je suis très préoccupé par la position que j'ai entendue aujourd'hui [lors des débats à la Conférence de Munich sur la sécurité, ndlr]", a déclaré samedi l'ex-secrétaire général de l'Alliance.

"Un déplacement d'états-majors de l'Otan vers l'Est serait contraire à l'Acte fondateur, document qui nous a permis de mettre en place une structure de coopération avec la Russie. Le Conseil Otan-Russie est l’aboutissement de cet Acte", a indiqué Javier Solana avant de rappeler que les participants à la conférence de Munich avaient sans cesse insisté sur la nécessité de reprendre sinon la coopération, du moins le dialogue avec la Russie.

L'ancien dirigeant de l'Otan a cependant jugé admissible le déploiement de forces multinationales sur le flanc Est de l'Alliance selon le principe de la rotation.

"Le déploiement de forces soumises à un système de rotation est parfaitement normal. Cette pratique se prête à différentes interprétations. Quant aux états-majors permanents, leur mise en place pourrait provoquer une réponse de la part des Russes. Ils diront qu'il s'agit d'une violation de l'Acte fondateur", a affirmé M. Solana.

Lors des débats, Witold Waszczykowski, le ministre polonais des Affaires étrangères, a qualifié la Russie "d'adversaire géopolitique" et a proposé d'annuler la partie de l'Acte fondateur qui engageait l'Otan à ne pas déployer de forces importantes et d'infrastructures supplémentaires dans les nouveaux pays membres de l'Alliance.

"L'Acte fondateur est une déclaration politique et non un document contraignant. Il a été rédigé dans des conditions de sécurité tout à fait différentes et par la Russie de l’époque: celle dirigée par Eltsine avant la seconde guerre de Tchétchénie. Nous [la Pologne et d'autres nouveaux membres de l'Otan, ndlr] n'avons pas participé à la rédaction de cet acte. Pourquoi devons-nous appliquer ses dispositions maintenant que la situation a changé?", a demandé le ministre.

L'avis de Javier Solana est également contesté par le secrétaire général adjoint de l'Alliance, Alexander Vershbow. Selon lui, l'Acte fondateur utilise des "formules souples" qui autorisent le déploiement de certaines infrastructures.

"Selon les termes de ce document, l'Otan doit s'abstenir de déployer des armements importants en Europe de l'Est, mais elle a le droit d'y développer les infrastructures, dont les états-majors, les ouvrages logistiques et de nombreuses autres choses", a indiqué M. Vershbow, qui avait exercé les fonctions d'ambassadeur des Etats-Unis en Russie avant d'être promu à de hautes responsabilités au sein de l'Otan.

Dossier:
Renforcement de la présence de l'Otan en Europe (296)

Lire aussi:

L'Otan prône une refonte du cadre de sécurité en Europe
L'Otan appelle l'Europe à investir davantage dans la défense
L’Otan s’implante un peu plus en Europe de l’est
Éditorial interdit: le vaccin russe Sputnik V est un partenariat mondial de sauvetage
Tags:
états-majors, politique, Conseil Russie-Otan, OTAN, Witold Waszczykowski, Alexander Vershbow, Javier Solana, Europe de l'Est, Tchétchénie, Munich, Russie
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook