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Crise migratoire (789)
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Sur fond de crise migratoire, l'élite politique allemande est partagée: la CDU juge que la Grèce, plaque tournante de l'exode, devrait être exclue de Schengen, le président du SPD met en garde contre cette mesure. De son côté, le FDP propose à Angela Merkel, initiatrice de la politique des frontières ouvertes, de demander un vote de confiance.

Aujourd'hui, les chefs de gouvernement de Hongrie, de Pologne, de République tchèque et de Slovaquie — pays du groupe de Visegrad — examinent à Prague des mesures visant à soutenir la Macédoine dans la fermeture de sa frontière avec la Grèce. Ils semblent être résolus à bloquer l'itinéraire des migrants passant par les Balkans. Or, suite à la mise en œuvre de cette mesure la Grèce risque de se retrouver en dehors de l'espace Schengen, écrit le journal Spiegel Online.

La veille de la rencontre, le vice-chancelier allemand et président du SPD Sigmar Gabriel a lancé un appel aux pays de l'Union européenne. Dans le journal Frankfurter Allgemeine Zeitung il a écrit:

"Il ne faut pas isoler la Grèce". Toute exclusion ou isolement d'un Etat-membre de l'UE ne s'avérera être qu'une solution illusoire "envenimant la discussion européenne".

Or, la menace d'un tel isolement surgit si les "idées des conservateurs" sont mises en œuvre et si des murs anti-migrants sont construits à la frontière gréco-macédonienne.

La pire épreuve

"Il est impossible de redéfinir les frontières de l'Europe sans prendre en compte l'avis des pays concernés", écrit Sigmar Gabriel. Selon lui, les mesures qui importent le plus sont l'enregistrement des migrants, des moyens suffisant pour leur hébergement et une répartition ordonnée dans les pays de l'UE.

La lettre signée par M. Gabriel et le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier et adressée aux sympathisants européens du Parti social-démocrate (SDP) contenait un message similaire. Il y a été notamment indiqué que "l'Europe traverse une des épreuves les plus pénibles de son histoire".

Recentrer l'espace Schengen sur l'Europe centrale

Pendant ce temps, le secrétaire général du conseil économique de la CDU Wolfgang Steiger a déclaré ce qui suit dans un entretien au journal Die Welt: "Faute d'une entente européenne sur le dossier des réfugiés, la Grèce devrait être exclue de l'accord de Schengen".

Pour l'Allemagne, le prix d'une fermeture provisoire des frontières est inférieur à celui de la politique des portes ouvertes, a-t-il fait savoir. Selon M. Steiger, pas tous les pays membres de l'UE ont assuré les prémices de l'ouverture des frontières internes.

Il assure que la Grèce méprise ses engagements relatifs à la protection des frontières extérieures de l'UE et l'Union européenne en a déjà subi les conséquences: "Nous n'avons pas le temps d'attendre que la Grèce se mette à respecter les standards européens. Si le pays n'accomplit pas ses devoirs, (l'espace, ndlr) Schengen doit être recentré sur l'Europe centrale".

Merkel et la question de la confiance

Le gouvernement fédéral envisage de renforcer la frontière entre la Grèce et la Turquie. La chancelière fédérale Angela Merkel veut obtenir que — au moins à moyen terme — un certain nombre de réfugiés syriens affluant en Turquie soient répartis entre les pays de l'UE. Or, cette politique est jugée controversée.

Le chef du gouvernement slovaque Robert Fico a, par exemple, déclaré que la politique de portes ouvertes menée par l'Allemagne était une erreur, d'autant plus que l'Allemagne voulait entraîner d'autres pays dans la résolution de ce problème.

La politique d'Angela Merkel concernant les migrants est tellement controversée que, selon le président du Parti libéral-démocrate (FDP) Christian Lindner, la chancelière devrait demander un vote de confiance si elle ne parvient pas à obtenir une solution européenne à la crise migratoire lors du prochain sommet des dirigeants européens prévu les 18 et 19 février à Bruxelles.

Débat autour des mesures d'intégration

Le conseil fédéral de la CDU envisage d'adopter aujourd'hui un concept relatif à l'intégration des réfugiés, prévoyant notamment des exceptions à la loi sur le salaire minimum ainsi qu'un seuil administratif plus élevé dans leur voie vers le titre de résidence à durée indéterminée. En outre, des mesures de rétorsion sont prévues pour les migrants refusant l'intégration au sein de la société d'accueil.

Le SPD a émis des critiques aiguës à l'égard des mesures en question. "Ne pas investir dans les cours de langue, mais punir les gens ne parlant pas la langue est une politique dénuée de toute raison", a déclaré le député SPD Matthias Miersch. Thomas Oppermann, président du groupe parlementaire du parti, et d'autres sociaux-démocrates se sont également prononcés contre les projets de la CDU.

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Tags:
Parti libéral-démocrate d'Allemagne (FDP), Espace Schengen, crise migratoire, migrants, frontière, Parti social-démocrate allemand (SPD), Union chrétienne-démocrate (CDU) d'Allemagne, Thomas Oppermann, Christian Lindner, Robert Fico, Sigmar Gabriel, Angela Merkel, Balkans, Monténégro, Grèce, Allemagne
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