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    Virus Zika – un pas en avant vers la législation de l'avortement au Brésil?

    Virus Zika – un pas en avant vers la légalisation de l'avortement au Brésil?

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    Comme l'avortement est interdit au Brésil par l'Eglise catholique, les féministes brésiliennes exigent sa légalisation en raison de la propagation du virus Zika.

    Le plus grand pays de l'Amérique du sud est connu pour ses mœurs austères à l'égard de l'avortement.

    Selon l'Eglise catholique, il s'agit d'un crime majeur autorisé par la loi que dans trois cas: si la conception a été le résultat d'un viol, s'il y a un risque pour la vie et la santé de la mère et si l'embryon est atteint d'anencéphalie (absence totale ou partielle du cerveau, qui conduit à la mort du nouveau-né dès les premières heures après sa naissance).

    Les féministes estiment qu'il y aurait un lien direct entre la propagation du virus Zika et la fréquence accrue de microcéphalie des nouveau-nés. Bien que l'influence du virus sur l'embryon ne soit pas pour l'instant prouvée médicalement, rien n'empêche les Brésiliennes de tenter la carte de la lutte pour la légalisation de l'avortement.

    Dans une interview accordée à Sputnik, Clair Castilho, secrétaire exécutive du Réseau national des féministes pour la santé, les droits sexuels et reproductifs des femmes au Brésil, a expliqué les racines du problème.

    "Nous cherchons tout simplement à défendre le droit de la femme de décider elle-même si elle veut où pas garder l'enfant", exprime-t-elle.

    Le mouvement féministe a auparavant envoyé une demande correspondante à la Cour suprême brésilienne.

    Pour le moment, l'interdiction de l'avortement au Brésil a provoqué le développement de toute une industrie d'avortements clandestins. Effectués de manière artisanale par des personnes non qualifiées, ces interventions entraînent souvent le décès des opérées.

    Cela concerne généralement des femmes de milieux défavorisés car celles qui ont de l'argent partent à l'étranger où recourent aux services de médecins clandestins pour se faire avorter, souligne Clair Castilho.

    Le moustique Aedes Aegypti est le porteur du virus Zika ainsi que de deux autres maladies graves – la dengue et le chikungunya. Cependant, l'ONG argentine Physicians in Crop-Sprayed Towns (PCST) a publié des données selon lesquelles la forte augmentation du nombre d'enfants atteints de la microcéphalie pourrait être causée non pas par le virus Zika, mais par le pyriproxyfène utilisé contre les moustiques. Cette substance fait partie des répulsifs (produit contre les moustiques)  fabriqués par la société Sumitomo Chemical, membre du groupe Monsanto.

    Les représentants de l'entreprise chimique Sumitomo Chemical ont cependant refusé de donner une interview à Sputnik, promettant de commenter par voie de communiqué officiel, ce qu'ils n'ont toutefois pas encore fait.

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    femmes, avortement, virus Zika, droits des femmes, féminisme, traitement, médecine, Clair Castilho, Argentine, Brésil
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