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Paris va intensifier la révision des conditions d'indemnisation des victimes des essais nucléaires menés par la France en Polynésie, promet solennellement le président de la République.

Dans un discours prononcé lundi à la présidence de la Polynésie française, à Papeete, à l'occasion de sa visite dans l'archipel du Pacifique sud, le président français François Hollande a reconnu la responsabilité pour le préjudice causé à la nature et aux habitants de la Polynésie française par les essais nucléaires menés par la France entre 1966 et 1996.

"Je reconnais que les essais nucléaires menés entre 1966 et 1996 en Polynésie française ont eu un impact environnemental, provoqué des conséquences sanitaires", a-t-il avoué.

Il a fait savoir que Paris allait intensifier une révision des conditions d'indemnisation des victimes des essais nucléaires menés par la France en Polynésie. Il a également annoncé le déblocage d'un crédit de 5,86 millions d'euros au bénéfice du service oncologie du centre hospitalier territorial, service au sein duquel il a dit souhaiter l'emploi de trois médecins à plein temps. En outre, ce qu'on appelle la dette du nucléaire, une dotation qui vise à compenser la perte d'activité économique engendrée par la fin des essais nucléaires en 1996, devrait être "sanctuarisée" et son montant sera porté à 90 millions d'euros.

François Hollande a cependant constaté que sans la contribution de la Polynésie française, la République ne se serait pas dotée de l'arme nucléaire et donc de la force de dissuasion.

"Cette contribution, celle que vous avez vous-même apportée à travers les essais nucléaires, je veux la reconnaître solennellement aujourd'hui devant vous", a-t-il lancé sous les applaudissements. Sans la Polynésie française, "la France ne se serait pas dotée de l'arme nucléaire et donc de la force de dissuasion", a-t-il insisté.

La France est un participant historique au "club nucléaire". La décision officielle sur le lancement d'un programme nucléaire national a été adoptée en 1958 par le premier ministre de l'époque Félix Gaillard. La France a obtenu le statut de puissance nucléaire sous la présidence de Charles de Gaulle après l'essai de la première bombe nucléaire française dans le désert algérien en 1960.

Paris souligne que sa force nucléaire revêt un caractère purement défensif. En 1992, il s'est joint au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires et en 1998 il a ratifié le Traité sur l'interdiction complète des essais nucléaires. L'entretien de la force de dissuasion nucléaire coûte annuellement au Trésor français 3,4 milliards d'euros.

Après l'accession de l'Algérie à l'indépendance, la France a transféré ses essais nucléaires sur les atolls de Mururoa et de Fangataufa en Polynésie française. De 1966 à 1974, les militaires français y ont réalisé quelque 40 essais aériens et 147 essais souterrains entre 1975 et 1996. En Polynésie française, les essais nucléaires ont été arrêtés définitivement en 1996.

Les Polynésiens estiment que les essais nucléaires sont la cause de nombreuses maladies, notamment du développement de cancers, de problèmes de thyroïde et de leucémies.


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Tags:
dissuasion, Traité d'interdiction complète des essais nucléaires (TICEN), Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), tests nucléaires, Charles de Gaulle, Félix Gaillard, François Hollande, Polynésie française, France
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