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    Russie, Syrie, migrants: des experts français décryptent la propagande de l’Otan

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    Crise migratoire (787)
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    Les déclarations du général Philippe Breedlove, le chef des forces de l’Otan en Europe, selon lesquelles la Russie et la Syrie utilisent la crise migratoire comme une arme géopolitique pour déstabiliser l’Europe, ne correspondent pas à la réalité, rapporte le journal Atlantico.

    Suite aux déclarations de Breedlove proférées le 1er mars, le journal Atlantico a convié des experts en la matière pour trancher la question de savoir à quel point les mouvements migratoires étaient susceptibles d'être utilisés de nos jours comme une arme géopolitique.

    "Je me dois de qualifier les propos de ce général de l'Otan de grossière propagande. L'Otan ne défend pas l'Europe, elle défend les intérêts américains en Europe", a confié aux journalistes l'analyste reconnu des questions géopolitiques, le général Jean-Bernard Pinatel.

    Et d'expliquer: "Les Etats-Unis qui dirigent cette organisation ont un objectif stratégique qu'ils poursuivent sans relâche depuis 1991: éviter que l'Europe et la Russie se rapprochent et que leur alliance stratégique les prive de la primauté mondiale qu'ils ont acquise suite à l'effondrement de l'URSS. Quant à l'Otan, son rôle est de mettre en œuvre cette stratégie en réinstallant un climat de Guerre froide en Europe".

    "Sur le fond, sa déclaration est totalement contredite par les faits. Les réfugiés syriens étaient depuis longtemps stationnés dans des camps en Turquie et cela bien avant l'intervention russe en Syrie qui a commencé en août 2015", a-t-il fait remarquer.

    "Le SACEUR (le Commandant suprême des forces alliées en Europe, ndlr) emploie sciemment une rhétorique guerrière qui correspond à la posture de l'Otan de plus en plus belliqueuse…et belligène. Les Etats-Unis et l'Alliance (sans oublier son membre du flanc sud, la Turquie), mis en difficulté en Syrie par l'implication russe qui commence à rencontrer des succès opérationnels importants, essaient désormais d'accréditer par divers moyens l'idée d'une convergence objective d'intérêt et d'action entre Moscou et Daech", a ajouté le docteur en sciences politiques Caroline Galacteros.

    Selon elle, "cela permet opportunément de faire oublier que celui-ci a été mollement combattu depuis 2014 et que ses avatars "rebelles" sont même soutenus directement ou indirectement par Washington ou ses proxys saoudien, qatari et turc".

    "La crise migratoire est bien le dernier clou, spectaculairement douloureux et humiliant, enfoncé dans le cercueil des utopies européennes", a-t-elle souligné.

    "Le phénomène migratoire est à l'évidence "exploitable" politiquement en rappelant — même si le résultat est le même — que ce ne sont pas des forces militaires qui expulsent directement des populations comme on l'a vu dans le passé mais des populations qui fuient la guerre, les assassinats, les viols, etc.", a relevé le directeur de recherche à l'IRIS, Alain Coldefy.

    "Il faut replacer les déclarations du SACEUR dans un contexte politique national et face à une situation en Europe où les Etats-Unis souhaitent renforcer leur présence. (…) Ces déclarations ont pour but de rassurer les Etats baltes, la Pologne et de positionner la politique américaine au sujet de l'Ukraine en présentant l'action russe sous un angle dangereux", a-t-il conclu.

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    crise migratoire, propagande antirusse, SACEUR, OTAN, Europe, Syrie, États-Unis, Russie
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