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Crise migratoire (789)
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Selon The Guardian, Bruxelles ferme les yeux sur le despotisme, la censure et les violences commises par Ankara, lui promettant l'adhésion à l'Union européenne en échange de son aide sur la question des réfugiés et le maintien de la stabilité au Proche-Orient.

Voir les leaders européens s'incliner devant le président turc, Recep Tayyip Erdogan, lors du sommet UE-Turquie est écœurant, estime le chroniqueur du Guardian, Paul Mason.

Selon M.Mason, l'Union européenne est à la recherche d'une aide dans la résolution de la crise migratoire auprès d'un pays où la censure et le despotisme s'aggravent du jour en jour: la Turquie mène une guerre contre les minorités ethniques, la police prend d'assaut le bureau du journal d'opposition Zaman, ses services secrets sont accusés d'envoyer des armes à l'Etat islamique et son armée abat un bombardier russe. Et malgré cela, Ankara espère devenir un membre de l'Union européenne.

Il y a trois ans, M.Erdogan avait toutes les chances d'atteindre un équilibre dans son pays. On pouvait supposer que les parties progressistes et réactionnaires de la société seraient en mesure de coexister pacifiquement, tandis que les Kurdes auraient des sièges dans l'opposition parlementaire, se souvient Paul Mason.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan
© REUTERS / Murat Cetinmuhurdar/Presidential Palace
Tout a changé à présent. L'Union européenne sait que le président turc réprime brutalement les manifestations, qu'il a mis fin à la trêve avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et qu'il a presque brûlé plusieurs villes kurdes dans le sud de la Turquie. Mais cette Europe, par intérêt, ferme les yeux sur la destruction de la démocratie turque et les exactions des militaires contre les civils.

La question principale, dès lors, pour les Européens, est de déterminer si un État qui viole tous les critères d'adhésion à l'Union européenne peut espérer y entrer. La réponse est bien sûr négative. Et les citoyens européens ont le droit de connaître la vérité sur la Turquie, estime l'analyste britannique.

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Tags:
crise migratoire, problème kurde, migrants, Union européenne (UE), Recep Tayyip Erdogan, Turquie, Europe
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