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    Turkish Prime Minister Ahmet Davutoglu (L), European Council President Donald Tusk (C) and European Commission President Jean Claude Juncker (R) greet each other after a news conference at the end of a EU-Turkey summit in Brussels March 8, 2016

    "La Turquie fait chanter l'UE à propos de la crise migratoire"

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    Ankara n'acquitte pas ses engagements et, dans le même temps, présente de nouvelles revendications à l'Union européenne, déclare le dirigeant du Parti communiste tchèque, Vojtěch Filip.

    La Turquie fait chanter l'Union européenne à propos de la crise migratoire, a déclaré mardi le dirigeant du Parti communiste tchèque, Vojtěch Filip, commentant les résultats du sommet UE-Turquie qui s'est déroulé lundi à Bruxelles. Les dirigeants de la droite, dont le Parti démocratique civique de la République tchèque et le parti TOP 09, ont fait une déclaration similaire sur les actes d'Ankara.

    "Il faut rejeter la tentative de chantage de l'Union européenne de la part de la Turquie", a déclaré le chef du PC tchèque cité par Ceske Noviny. 

    Selon lui, Ankara ne respecte pas ses engagements vis à vis de l'Union européenne. De plus, la Turquie souhaite accélérer les négociations sur son adhésion à l'UE et cherche à s'acquitter de ses obligations envers les migrants aux frais des contribuables des pays européens", estime M. Filip.

    Lors du sommet UE-Turquie, le premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, a demandé à l'Union européenne qu'elle double d'ici 2018 l'aide de 3 milliards d'euros promise pour contribuer à l'accueil des réfugiés syriens en Turquie. Il a également posé pour principe que, "pour chaque Syrien reconduit en Turquie depuis les îles grecques, un autre Syrien de Turquie soit accueilli dans un État membre de l'UE", selon la déclaration finale.

    M. Filip estime que cette proposition est une nouvelle tentative cachée d'introduire un système de quotas pour l'accueil des migrants.

    "Le système de quotas ne marche pas et, de plus, il viole la souveraineté des États", a-t-il déclaré.

    Le responsable politique tchèque est persuadé que cette proposition pourrait provoquer l'arrivée de nouveaux migrants illégaux.

    Le porte-parole du parti tchèque TOP 09, Frantisek Laudat, a pour sa part déclaré qu'il n'était pas surpris par les actes d'Ankara.

    "On pouvait s'attendre à ce que la Turquie cherche à se servir de la situation actuelle (la crise migratoire) et présente de nouvelles revendications", a déclaré M. Laudat.

    Le sommet UE-Turquie a eu lieu lundi à Bruxelles. Ahmet Davutoglu a annoncé que la Turquie était prête à reprendre tous les migrants, y compris Syriens, arrivés en Europe via son territoire, ainsi que ceux qui sont interceptés dans ses eaux territoriales, en échange du doublement de l'aide financière européenne.

    Il a par ailleurs demandé à l'Union européenne d'avancer à juin 2016 au plus tard la levée de l'obligation de visa pour les citoyens turcs, dont le principe avait déjà été accepté, à condition qu'Ankara respecte les 72 conditions définies. L'UE demande notamment la modification des règles turques d'attribution de visas aux ressortissants de pays musulmans et l'introduction de passeports biométriques.

    Selon les données d'Eurostat, en 2015, le nombre de demandes d'asile a augmenté de 123% par rapport à l'année précédente. Au total, 1.255.600 migrants ont demandé l'asile en 2015, dont 35% se trouvant en Allemagne.

    Enfin, selon Frontex, l'agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des États membres de l'Union européenne, au cours de l'année 2015, près de 1,8 million de migrants sont arrivés en Europe. La Commission européenne estime que la crise migratoire actuelle est la plus grave depuis la Seconde guerre mondiale.

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    quotas, migrants, Union européenne (UE), Turquie
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