Ecoutez Radio Sputnik
    Des réfugiés massés devant un poste de passage à la frontière entre la Macédoine et la Serbie. 29 janvier 2016

    Migrants: le président macédonien critique l'UE pour son inaction

    © AFP 2017 Armend Nimani
    International
    URL courte
    Crise migratoire (780)
    2746131

    Alors que la Macédoine fait tout pour prévenir l'afflux de djihadistes en Europe, l'Union européenne non seulement ne fournit pas d'aide, mais fait payer à ce pays le prix de ses propres erreurs et fait fi des informations sur des djihadistes potentiels que Skopje est prêt à partager.

    L'Union européenne fait payer à la Macédoine, un État qui a protégé le Vieux Continent contre les djihadistes, le prix de ses propres erreurs commises lors de la gestion de la crise migratoire, déclare le président de ce pays balkanique, Gjorge Ivanov, dans un entretien au journal allemand Bild.

    "Nous avons pris les devants, notre armée protège nos frontières. Dans la crise des réfugiés, nous payons les erreurs de l'Union européenne. Nous avons déjà dû dépenser 25 millions d'euros de l'argent de nos contribuables. Et qu'avons-nous reçu de l'Europe? Rien! Pas un centime", s'insurge le dirigeant.

    Et de rappeler que la Macédoine s'est trouvée confrontée à un problème similaire à l'époque du conflit au Kosovo, lorsqu'elle a accueilli quelque 360.000 Albanais kosovars, sans aucune aide de la part de l'UE.

    Migrants: le président macédonien critique l'UE pour son inaction
    © Sputnik.
    Migrants: le président macédonien critique l'UE pour son inaction

    La Macédoine s'est retrouvée dans cette situation alors que, pays non membre de l'UE, ni de la zone Schengen, elle est obligée de protéger l'Union européenne d'un pays membre, qui est la Grèce, ajoute le président.

    "Nous ne sommes membres ni de l'UE, ni de Schengen, ni de l'Otan. Personne ne veut de nous. Et pourtant, nous protégeons l'Europe d'un pays européen qui ne contrôle pas le flux de réfugiés", indique-t-il, avant de pointer que si son pays avait compté sur Bruxelles, une vague de djihadistes aurait déferlé depuis longtemps sur le Vieux Continent.

    D'après M. Ivanov, les autorités macédoniennes ont détecté lors de contrôles près de 9.000 faux passeports et il se peut que des extrémistes tentent de pénétrer en Europe en se faisant passer pour des réfugiés.

    "La crise des migrants a deux aspects, humain et sécuritaire", fait remarquer le président macédonien.

    Selon lui, l'Allemagne a fait preuve d'humanisme, mais a échoué à assurer la sécurité. "Un seul exemple: on voulait transmettre nos informations sur les djihadistes à l'Allemagne, mais personne n'a besoin de nos données. On nous a dit que personne ne travaillera avec nous, car nous sommes un pays tiers et on ne peut pas échanger d'informations avec vous", s'indigne le président.

    "Ce n'est qu'après les attentats de Paris que l'on nous a interrogés. Et là, nous avons pu dire aux autorités qu'au total 10 personnes étaient entrées en Europe" avec la même identité que l'un des auteurs des attentats, explique-t-il.

    Qui plus est, l'Europe ne fournit aucune aide à la Macédoine. Ainsi, selon lui, l'Allemagne a refusé de livrer à ce pays balkanique l'équipement nécessaire pour traiter les données biométriques. "C'est absurde. Nous ne sommes même pas préoccupés par l'argent, mais par la sécurité du continent tout entier. Or, il semble que ceci ne préoccupe personne d'autre".

    Et de conclure que depuis 25 ans, la Macédoine est régulièrement trompée. Souvent évoquée, la question de son adhésion à l'UE est à chaque fois bloquée par la Grèce. Quant à cette dernière, bien qu'elle ait reçu 700 millions d'euros d'aide de l'Europe, elle continue à ne rien faire.

    Rappelons que la Macédoine et la Serbie ont fermé leurs frontières à tous ceux qui ne possèdent pas de papiers pour pénétrer dans l'espace Schengen. Trois pays membres de l'UE — l'Autriche, la Slovénie et la Croatie — ont également annoncé la fermeture de la "route des Balkans". La chancelière allemande Angela Merkel a critiqué cette mesure.

    Le premier vice-ministre grec de l'Intérieur en charge de l'immigration, Ioannis Mouzalas, redoute que suite à la fermeture de "la route des Balkans", un nombre important de réfugiés ne s'accumule sur le sol grec: en mars, ce chiffre pourrait atteindre entre 50.000 et 70.000 personnes.

    Dossier:
    Crise migratoire (780)

    Lire aussi:

    Le Canada, l’Eldorado des migrants?
    Migrants: l'UE va "affiner les détails" d'un accord avec la Turquie
    Une "légion étrangère européenne" pour résoudre la crise des migrants?
    Crise des migrants: "Il va de soi que je veux les tuer…"
    Tags:
    crise migratoire, djihadisme, réfugiés, Gjorge Ivanov, Macédoine, Serbie, Allemagne
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik