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Crise migratoire (789)
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L'accord avec la Turquie, perçu par l'Union européenne comme un arrangement mutuellement profitable, s'est avéré être un piège, dont l'Europe ne saura pas sortir "indemne".

Après que l'UE eut demandé l'aide de la Turquie dans la gestion de la crise migratoire, elle s'est privée de toute marge de manouvre et est contrainte aujourd'hui d'attendre passivement qu'Ankara décide de son sort, écrit le journal allemand Handelsblatt.

Dans les faits, la seule solution proposée pour le moment par la Turquie est l'échange de réfugiés. D'abord, Ankara réadmettra sur son sol tous les migrants arrivés clandestinement en Europe; ensuite, enverra en UE des demandeurs d'asile syriens enregistrés en Turquie.

Mais en échange de cet accord Ankara a présenté des revendications non-négligeables à Bruxelles: outre une compensation financière, elle attend la levée du régime de visas et, en perspective, une adhésion de la Turquie à l'UE. Sur fond des événements qui ont récemment eu lieu à l'intérieur de ce pays — liens avec Daech, offensive contre les Kurdes, oppression de la presse — cette condition semble inapplicable. Ceci a désillusionné les Européens au sujet de la Turquie et de ses autorités, fait noter l'auteur de l'article.

Or, l'Union européenne est allée trop loin pour pouvoir revenir sur sa décision. Le président turc a fait comprendre sans équivoque que, si l'Europe n'honorait pas ses conditions, il ferait tout pour aggraver la situation. Ainsi, Recep Tayyip Erdogan a menacé à plusieurs reprises d'augmenter le flux de réfugiés vers l'UE, en les expédiant par bus aux frontières européennes, est-il noté dans l'article.

Certes, Bruxelles ne peut pas corriger l'erreur commise, mais peut en tirer une leçon. "L'Europe doit exclure toute adhésion de la Turquie à l'UE et ne plus jamais compter sur son aide", résume l'auteur de l'article.

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Crise migratoire (789)

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Tags:
adhésion à l'UE, accord, réfugiés, migrants, Etat islamique, Recep Tayyip Erdogan, Ankara, Bruxelles, Europe, Turquie
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