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    Trop de liberté? Un viol commis par un soldat US choque le Japon

    © AFP 2017 KAZUHIRO NOGI
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    La police japonaise a arrêté dimanche dernier un soldat américain de 24 ans soupçonné de viol à Okinawa. Un incident qui force le gouvernement japonais à réfléchir de nouveau à la présence de soldats américains, dont le comportement choque parfois les Japonais eux-mêmes.

    Le gouvernement japonais a protesté auprès de Washington, et exigé de renforcer la discipline militaire sur le territoire japonais et de prévenir la répétition d'incidents similaires à l'avenir. Néanmoins, selon les membres de la "société féminine contre les bases et l'armée américaine", des déclarations similaires ont un caractère purement formel et n'aboutiront pas à la solution du problème.

    "Ce dernier cas de viol n'est pas unique. Les résidentes de la préfecture portent souvent plainte suite au harcèlement de militaires américains: des soldats harcèlent les femmes dans la rue, essayant de pénétrer dans les chambres d'hôtel des femmes", raconte à Sputnik Suzuyo Takasato, présidente de la Société féminine contre les bases et l'armée américaine et ancienne députée de Naha.

    Selon Suzuyo Takasato, le Traité de coopération et de sécurité mutuelles entre le Japon et les États-Unis ne protège pas les habitants d'Okinawa, il vise au contraire à assurer des conditions de confort à l'armée américaine basée au Japon.

    "Le Traité de coopération et de sécurité mutuelles entre le Japon et les États-Unis, qui permet aux Américains de se sentir libres dans notre pays, les pousse à harceler des femmes en toute impunité", estime Suzuyo Takasato dans son interview à Sputnik.

    Le Traité de coopération et de sécurité mutuelle, signé entre les Etats-Unis et le Japon à Washington le 19 janvier 1960, permet à Washington de créer et d'utiliser des bases au Japon et d'y déployer ses forces armées en nombre illimité. Le Japon est pour sa part obligé de protéger ces bases en cas d'attaques, ainsi que d'assurer des conditions favorables aux soldats américains dans le pays.

    A la différence des autres étrangers, les militaires américaines ne sont pas obligés d'être enregistrés au Japon. En outre, si les militaires américains ont la possibilité de se déplacer librement dans le pays, un Japonais serait immédiatement arrêté s'il pénètre sur le territoire de la base américaine.

    Occupée par les Américains après la Deuxième Guerre mondiale et rétrocédée aux Japonais en 1972, l'île d'Okinawa, qui représente moins de 1% du territoire nippon, héberge plus de la moitié des 47.000 soldats américains présents au Japon, une cohabitation forcée qui est mal vécue. Les habitants se plaignent de nuisances sonores, des risques d'accidents et y voient la porte ouverte à la criminalité.

    La ville de Naha est une des destinations touristiques les plus populaires du pays. D'après les médias japonais, le soldat soupçonné récemment de viol a trouvé la victime, une touriste en visite à Okinawa, et l'a amenée dans sa chambre afin de la violer. Ceci incite à penser que non seulement la population locale, mais aussi des touristes d'autres préfectures peuvent être victimes de viol commis par des militaires américains.

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    Tags:
    viol, base militaire, militaires, Okinawa, États-Unis, Japon
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