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Frappes aériennes russes contre les terroristes en Syrie (419)
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Certains affirment que Vladimir Poutine était tellement déçu par Bachar el-Assad qu'il a décidé de retirer ses troupes afin de forcer le président syrien à faire des concessions à Genève, mais cette hypothèse est sans fondement, estime Thierry Meyssan.

Cette théorie, selon ses défenseurs, existe parce que la décision de M.Poutine était spontanée et personne ne l'a vu venir. Pourtant, ce n'est pas le cas, note l'analyste politique français Thierry Meyssan.

"La Russie a amorcé ostensiblement le retrait de son contingent. Des plans de vol ont été régulièrement déposés quatre jours à l'avance pour tous les avions cargos chargés de replier les hommes et le matériel", indique-t-il.

L'expert ajoute que la date elle-même n'a pas été une surprise pour ceux qui sont impliqués dans la campagne. Le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou et son homologue syrien le général Fahd Jassem al-Freij avaient évoqué ce plan avec le général Mishal Al-Zaben, chef d'état-major des Forces armées jordaniennes, il y a trois mois en janvier.

"Il est donc ridicule de lier cette décision à de supposés désaccords qui seraient intervenus dans les derniers jours", souligne l'analyste.

De même, l'opération russe en Syrie a toujours été limitée, mais, selon M.Meyssan, maintenir ce grand nombre d'avions à un moment, où toutes les cibles principales ont été détruites et les combats ont largement cessé, est inutile. Dans le même temps, l'infrastructure militaire russe, y compris les systèmes de défense aériens S-400 et Pantsir-S2, reste toujours sur le terrain.

En outre, Moscou a réaffirmé que les avions de guerre russes peuvent retourner en Syrie le cas échéant. En outre, la Russie fournit assistance et formation à l'Armée arabe syrienne, de sorte que les forces gouvernementales pourront se battre par leurs propres moyens.

"Désormais, celle-ci (l'Armée arabe syrienne, ndlr) n'est plus simplement en position de défendre la population civile face aux djihadistes, mais de libérer le territoire occupé, ce qu'elle a commencé à faire", fait remarquer M.Meyssan.

L'analyste est convaincu que ce sera Damas qui finira par vaincre Daech sur son territoire, grâce à l'aide globale de Moscou.

"Respectueuse, elle (la Russie, ndlr) laisse aux Syriens la gloire de leur Victoire", conclut l'analyste politique.

La Russie a commencé à retirer ses militaires de Syrie le 15 mars dernier sur décision du président russe Vladimir Poutine. Au cours de l'opération en Syrie, entamée le 30 septembre 2015, les avions russes ont effectué près de 9.000 sorties et détruit des dizaines de milliers de sites de Daech (Etat islamique) et d'autres groupes extrémistes.

Grâce à l'assistance russe, les troupes gouvernementales syriennes ont réussi à reprendre aux terroristes plus de 10.000 kilomètres carrés de territoire, y compris des localités d'importance stratégique, et à réduire l'envergure du trafic de pétrole réalisé par Daech.

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Tags:
retrait de l'aviation russe, crise syrienne, Sergueï Choïgou, Thierry Meyssan, Bachar el-Assad, Vladimir Poutine, Moscou, Damas, Russie, Syrie
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