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    Daech exhorte ses "frères en Belgique" à éviter les réseaux sociaux

    © REUTERS / Dado Ruvic
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    Attentats à Bruxelles (142)
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    Un message prétendument envoyé à des partisans de l'Etat islamique (EI ou Daech) sur la messagerie anonyme Telegram a averti mardi les "frères en Belgique" d'éviter les réseaux sociaux, d'utiliser le "cryptage" pour communiquer et de "faire profil bas jusqu'à ce que la situation ne se calme".

    Ce message et d'autres messages similaires ont été diffusés sur Twitter par Michael S. Smith II, directeur de la société contre-terroriste Kronos Advisory, rapporte Mashable

    Selon M.Smith, il a aperçu cette information sur un canal "sur invitation seulement" consacré à la discussion de l'activité de Daech et à la sécurité des informations.

    Le journal en ligne The Daily Dot identifie ce canal comme l'un des canaux appartenant à Afaaq Electronic Foundation, une branche de Daech créé en janvier 2016 pour "assurer la sécurité et la sensibilisation technique".

    Le message est adressé à "tous les frères de Daech en Belgique" et comprend sept conseils destinés aux djihadistes et censés les aider à éviter la répression policière suite aux attentats de Bruxelles.

    La missive conseille aux djihadistes de "rester à l'écart d'Internet, sauf s'ils utilisent un logiciel de cryptage et des outils d'anonymisation tels que Tor et Invisible Internet Project (I2P), ou encore les logiciels Qubes et Tails.

    En ce qui concerne les réseaux sociaux, le message est clair et interdit formellement leur utilisation. "Restez à l'écart des sites des réseaux sociaux, ne partagez aucune information avec vos frères pour le moment", lit-on dans le message. 

    Il comprend également des conseils plus généraux, comme "être prêts à agir", "changer votre emplacement le plus tôt possible" ou encore "faire bonne contenance".

    En cas d'authenticité, ce message révèle la façon dont le groupe et ses membres agissent pour nettoyer leurs traces numériques dans le contexte d’attaques de grande ampleur.

    Dans le même temps, selon un certain nombre de spécialistes de la sécurité informatique, il prouve que le groupe ne maîtrise pas intégralement le chiffrement réel.

    D'autres considèrent que ce conseil est trop simple pour être vrai.

    "Si c'est vraiment Daech, ses conseils sont basiques et très simples, a écrit Zeynep Tüfekçi, journaliste du New York Times, professeur et chercheur en surveillance, sur son compte Twitter.

    "J'espère que les adhérents ou les fans de Daech essaieront de prendre tous les conseils stupides ci-dessus au pied de la lettre et changeront soudainement leur comportement" a-t-elle ajouté. "J'espère également qu'ils essayeront de "changer leur emplacement immédiatement sans rien dire. Parce que cela aidera à les arrêter plus tôt. Il ne faut pas prendre ces conseils au sérieux".

    Bien que la plupart des comptes du groupe terroriste aient été supprimés sur le service de messagerie privé Telegram, il reste une solution pour ceux qui cherchent à communiquer avec Daech ou à discuter de son activité.

    La déclaration de revendication des attentats de Bruxelles par l'Etat islamique a été diffusée sur un canal géré par un groupe d'actualités affilié à Daech.

    L'institut de recherche The American Enterprise Institute a publié sur son compte Twitter un graphique expliquant comment les terroristes utilisent le cryptage.

    "Nous ne savons pas encore quel rôle les communications cryptées ont joué dans ces attaques", a déclaré Adam Schiff, membre républicain du Congrès américain.

    "Nous pouvons être sûrs que les terroristes continueront d'utiliser ce qu'ils perçoivent comme les moyens les plus sûrs pour préparer leurs attaques", a-t-il conclu.

    Les attentats de mardi dans l'aéroport et le métro de Bruxelles ont fait 32 morts et 270 blessés, selon un dernier bilan officiel communiqué mercredi par le parquet fédéral belge.

    Dossier:
    Attentats à Bruxelles (142)

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    Tags:
    cyberespace, informatique, réseaux sociaux, cybersécurité, Internet, attentat, terrorisme, Afaaq Electronic Foundation, Kronos Advisory, Etat islamique, Michael S. Smith II, Belgique
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