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    L'hôpital MSF de Kunduz après le bombardement US

    Frère d'un médecin tué à l'hôpital MSF de Kunduz: "Je rejette les excuses de l'Otan"

    © AFP 2018 Najim Rahim
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    Le commandant des forces de la coalition de l’Otan en Afghanistan (ISAF) John Nicholson a demandé pardon aux familles des victimes du bombardement américain d'octobre à Kunduz, ce qui n'a pas satisfait les proches des médecins et des patients morts sous les décombres de l'hôpital MSF.

    Le nouveau commandant des forces américaines et de l’Otan en Afghanistan (ISAF), le général John Nicholson, a exprimé ses condoléances aux familles des victimes du bombardement américain contre le centre de soins de l'ONG "Médecins sans frontières" (MSF) dans la ville afghane de Kunduz. 

    "Je compatis à votre douleur et je suis profondément affligé par la mort de vos proches et vos souffrances. Je vous demande pardon", a déclaré le général lors d'une rencontre avec les médecins de MSF et les parents des victimes de la frappe aérienne américaine. 

    Le médecin Karim Bajaouri, frère d'Aminollah Salarzay, l'un des médecins qui a péri dans la destruction de l'hôpital MSF, a déclaré dans une interview accordée à Sputnik qu'il n'acceptait pas ces excuses. 

    "Ils demandent de les pardonner pour l'assassinat de civils?! Ils ne font que demander pardon? Ils commencent par ouvrir le feu sur des civils et demandent de les excuser après. En ce qui me concerne personnellement, je n'accepte pas de telles excuses. Cela ne peut pas guérir nos plaies morales", s'est indigné l'interlocuteur de l'agence. 

    Et de rappeler que son frère, qui n'avait que 32 ans, faisait partie du cercle restreint des spécialistes afghans, lesquels se font rares dans ce pays. 

    "Peut-on pardonner tous ceux qui sont impliqués dans ce carnage? Après la mort de mon frère, sa femme et ses quatre enfants — deux filles et deux fils — n'ont reçu aucune indemnisation pour la perte familiale. Mon frère a été tué pour avoir soigné et aidé des simples gens. Il s'avère que la vie humaine ne coûte rien. Quelle vérité amère!", a constaté M.Bajaouri. 

    Selon ce dernier, le jour du bombardement, seuls des patients et des médecins se trouvaient à l'hôpital, et le nombre de victimes a été bien supérieur au bilan officiel. 

    "Plus de 150 personnes ont été tuées. Dix jours après la frappe, je me suis rendu à l'hôpital, où plus précisément sur ses ruines, et j'ai vu 12 corps calcinés inidentifiables. Et après tout cela, ils nous demandent de les excuser! Leurs excuses ne nous suffisent pas!", a martelé le médecin.

    Le raid, conduit le 3 octobre 2015 par un avion des forces spéciales américaines avait été mené peu après que les talibans eurent brièvement occupé Kunduz fin septembre, leur principale victoire militaire depuis qu'ils ont été chassés du pouvoir par une invasion américaine en 2001. Après le bombardement de l'hôpital de MSF, Washington s'est limité à déplorer une "erreur humaine tragique".

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    Tags:
    médecine, excuses, victimes, frappe aérienne, Taliban, Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF), Médecins sans frontières (MSF), Aminollah Salarzay, Karim Bajaouri, John Nicholson, Washington, États-Unis, Kunduz, Afghanistan
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