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    Recep Tayyip Erdogan

    Pour Erdogan tout contestataire est un terroriste

    © AFP 2019 Adem Altan
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    La Turquie a toute les raisons de redouter une montée du terrorisme, mais la politique d'Erdogan qui met, de fait, un signe d'égalité entre terroristes et opposition, conduit dans l'impasse, écrit le Foreign Policy américain.

    La politique du président turc Recep Tayyip Erdogan vise à éliminer totalement la contestation. Une telle approche concerne toutes les catégories de la population, depuis les enfants jusqu'aux vieillards, signale  le Foreign Policy

    Dans la province de Diyarbakir les militaires turcs mènent ces derniers mois des opérations spéciales contre les combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) reconnu comme organisation terroriste dans plusieurs pays.  Cependant les victimes de ces opérations sont de plus en plus souvent les habitants du sud-est de la Turquie. 

    Foreign Policy cite les paroles de la mère d'un adolescent tué par les militaires: 

    "Regardez-les. Ce sont des enfants. Comment ces enfants peuvent-ils être terroristes?". 

    Selon elle, parfois les parents ne peuvent pas évacuer de la rue les corps des victimes car les affrontements  ne s'interrompaient pas. 

    "Après cela, ils qualifient de terroristes tous ceux qu'ils ont tués", a confié aux journalistes une femme kurde. 

    La Turquie a toutes les raisons de redouter la montée du terrorisme aussi bien à cause de l'activité du groupe terroriste Etat islamique, qu'à cause du regain d'activité du PKK. Cependant ces derniers temps la notion de terrorisme est pratiquement assimilée à celle de contestation, de désaccord avec le gouvernement turc. 

    "Les contestataires parmi lesquels on trouve des journalistes, des défenseurs des droits de l'homme, des académiciens ou encore des représentants de l'opposition, sont mis derrière les barreaux sous le prétexte imaginaire d'avoir fait de la propagande au nom des organisations terroristes", écrit le média. 

    Recep Tayyip Erdogan
    © REUTERS / Murat Cetinmuhurdar/Presidential Palace
    Selon Foreign Policy, une interprétation élargie des notions de terroriste et de partisan du terrorisme a eu pour effet que les gens sont considérés comme terroristes indépendamment de savoir s'ils tiennent une bombe ou une plume. 

    Depuis décembre dernier, les autorités turques mènent des opérations antiterroristes dans plusieurs localités du sud-est peuplées de Kurdes et touchées par des heurts entre forces de sécurité et membres du PKK. Selon l'état-major de l'armée turque plus de 1.000 combattants kurdes ont été tués depuis la mi-décembre. Le Parti démocratique des peuples affirme cependant que l'opération a fait plusieurs centaines de morts parmi la population civile. 

     

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    Tags:
    contestation, liberté d'expression, liberté de la presse, terrorisme, Recep Tayyip Erdogan, Turquie
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